Ifremer N° 108 au journal le marin du 26 décembre 2008 - (Page 3)

Les nouvelles de l Rebent Témoignages Le Rebent vu par ses acteurs : ◗ Christophe Le Visage Secrétariat général de la mer ◗ Janick Moriceau Vice-présidente chargée de la mer Région Bretagne « La Région Bretagne finance le réseau Rebent dans le cadre du contrat de projet État-Région à hauteur de 700 000 euros. Nous tenions fermement à poursuivre le travail entrepris après la catastrophe de l’Érika. Les défis que nous impose l’extrême richesse de notre biodiversité, passent par un approfondissement des connaissances. Plusieurs échéances nous attendent, dont celle de la Directive cadre sur l’eau, essentielle pour le secteur conchylicole. Nous sommes par ailleurs engagés sur la voie d’un développement durable avec une centaine de partenaires régionaux (collectivités territoriales, départements, communautés de communes, socio-professionnels, associations…) par la charte des espaces côtiers. Cette démarche de gestion intégrée des zones côtières intègre notamment des projets de parcs naturels régionaux. Enfin la Bretagne est toujours, malheureusement, la cible potentielle de pollution. Nous réalisons un travail important autour du préjudice environnemental. L’amélioration de la connaissance des écosystèmes nous permettrait de mieux faire valoir nos droits en cas d’accident ». ◗ Michel Bâcle Chef du service nature et paysage Diren Bretagne « Le travail de la Diren porte sur la préservation de la biodiversité, la diffusion de la connaissance et la préservation des sites du patrimoine naturel. Nos terrains d’action sont les domaines terrestre (notamment littoral) et désormais marin, avec par exemple plus de 6 000 km2 classés Natura 2000 en mer cette année en Bretagne. La Diren s’est, dès l’origine, investie dans l’émergence de Rebent. Si nous disposons d’outils réglementaires, nous avons besoin de connaissances scientifiques pour l’ensemble de nos missions. Il était donc indispensable de créer des partenariats avec les structures compétentes. La connaissance est la base de l’action et d’un travail en partenariat avec les pêcheurs, les collectivités, les scientifiques… Le Rebent joue pleinement son rôle. Aux Glénan par exemple, un site Natura 2000, il a permis de produire une cartographie précise en faisant la synthèse de diverses études et travaux. Aucun acteur seul n’aurait pu le réaliser de façon aussi complète ». « Avant de travailler pour ce service du Premier Ministre, chargé d’animer et de coordonner les politiques maritimes et l’action de l’État en mer, j’appartenais à la Diren, en prise directe avec les problématiques du Rebent. Ce programme expérimental, qui a vocation à couvrir toutes les côtes de France, est primordial pour mettre en cohérence diverses politiques. La connaissance, notamment par la cartographie des habitats benthiques, éclaire les enjeux du développement et de la protection. À terme, un programme de connaissance devra couvrir toutes les zones sous juridiction nationale. Nos obligations réglementaires (Natura 2000, DCE, Stratégie pour le milieu marin…) nous imposent, non seulement ce travail de cartographie, mais aussi une surveillance du milieu et des activités qui s’y déroulent. Rebent est un pilote qui préfigure ce que seront ces futurs programmes de connaissance. Ils passeront par des approches multi-disciplines, multiorganismes et impliqueront de la mutualisation et de la bancarisation des informations ». DR DR ◗ Christian Hily Chercheur CNRS au LEMAR (IUEM) ◗ Dominique Hamon Responsable du Laboratoire Ecologie Benthique - Ifremer Brest « Si l’épisode Érika a été le facteur déclenchant, nous avions, avec Brigitte Guillaumont, depuis longtemps en tête un tel réseau, destiné à acquérir une connaissance des habitats dans la frange côtière, à constituer un système de veille pour suivre leur évolution et à définir des indicateurs de leur état de santé. Il est aujourd’hui constitué de différentes approches complémentaires : un inventaire régional d’habitats remarquables ; des cartographies plus précises sur des secteurs de références; un suivi annuel de la biodiversité sur une sélection d’habitats. L’Ifremer coordonne et les partenaires (universités, stations marines, centres techniques…) se partagent les tâches. Chacun intervient sur l’ensemble du littoral, dans son domaine d’intérêt. Le Laboratoire d’Écologie benthique a pris en charge la cartographie des habitats des secteurs de référence dans la zone immergée. Depuis 2003, nous avons reconnu une douzaine de secteurs sur le littoral breton. Il nous reste principalement à prospecter la baie de Morlaix et à compléter la reconnaissance des petits fonds au moyen de la nouvelle embarcation spécialisée Haliotis ». ◗ Claire Rollet Bio-géomaticienne Ifremer Brest « Spécialiste de l’écologie de la macrofaune benthique dans la zone intertidale, j’ai été associé à la création du réseau. Nous souhaitions initier une veille écologique sur les communautés de faune et flore du milieu côtier, afin de pouvoir observer les évolutions (changement climatique, accident…). Mon laboratoire assure, pour sa part, le suivi dans le temps d’un certain nombre de stations choisies sur divers points du littoral breton, avec un protocole harmonisé. Nous nous attachons à quelques habitats spécifiques (herbiers de zostères, banc de maërl, sables intertidaux, estrans rocheux) et disposons pour chacun d’une sélection d’une dizaine de sites. Nous avons donc des données susceptibles de nous permettre d’identifier des signaux de perturbation, locaux ou régionaux, en les croisant. Nous avons alors un rôle d’alerte, mais pouvons aussi stimuler des programmes plus pointus de recherche. Notre expertise est très précise car nous travaillons sur un large spectre d’espèces, ce qui est plutôt rare. Par contre, nous manquons encore de postes pérennes, car ce travail demande du temps, en particulier au laboratoire » Les nouvelles de l’Ifremer n°108 « Ma formation pluridisciplinaire, biologiste et géomaticienne, me permet de faire le lien entre les thématiciens benthologues et la gestion des données géoréférencées. Notre équipe assure en effet l’exploitation des multiples données recueillies grâce à de nouvelles technologies : satellites, photos aériennes, acquisitions par lidar (le pendant des sondeurs acoustiques sur les navires). Tous ces moyens sont mis en œuvre au service de la cartographie des habitats benthiques dans le cadre du Rebent. Je m’intéresse spécifiquement à la zone intertidale ou zone de balancement des marées. Notre travail s’étend de l’acquisition jusqu’à la restitution, en passant par le traitement et l’archivage des données sur Quadrige 2, la base nationale. Le site web, www.rebent.org, dont j’ai la charge, est le véritable outil de communication du réseau dédié au grand public et aux gestionnaires. On y retrouve toutes les méthodes qui doivent pouvoir être réutilisées par les bureaux d’étude sur l’ensemble des façades et les résultats cartographiques… » DR publiées dans du 26 décembre 2008 DR DR DR http://www.rebent.org

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Ifremer N° 108 au journal le marin du 26 décembre 2008

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