MAGAviron - N°33 - Aout/Sept./Oct. 2018 - 51

Quel lien peut-il bien exister entre cette célébrissime
publicité du début du 20e siècle et l'objet de notre article ?
L'histoire d'André Dubonnet est parfaitement représentative du lien si étroit et si particulier qui va unir l'aviron et
l'aviation pendant la première guerre mondiale.

André et son frère aîné Émile, grands amis de Roland
Garros, se passionnent également pour l'aviation. Engagé
volontaire le 3 mars 1915, André est affecté successivement au 41e régiment d'artillerie lourde, puis à la 66e
section du premier groupe d'aérostation en mai 1916,
avant de passer dans l'aviation en octobre 1916 et de
rejoindre le premier groupe d'aviation le 29 janvier 1917.
Nommé brigadier en avril 1917, il est affecté à la célèbre
escadrille dite des Cigognes. En mai 1918, sur SPAD XIII,
il remporte son premier succès, totalise trois victoires
aériennes successives. Le 13 juin 1918, il détruit un ballon
d'observation ennemi, avant de partager avec les pilotes
Joseph de Sevin et le Capitaine Battle une double victoire
le 16 août 1918.
Hospitalisé à l'hôpital complémentaire du Val de Grâce
du 9 au 14 octobre, il termine la Grande Guerre avec à
son actif six victoires, qui lui valent de titre "d'As" et six
citations. Il est décoré de la Médaille militaire et de la
Croix de Guerre 14-18. Sportif éclectique, à partir de 1921,
il se lance dans la compétition automobile et ce jusqu'en
1928, avec une première période "Hispano-Suiza" et une
seconde "Bugatti". À l'âge de 30 ans, il est encore sélectionné pour participer à l'épreuve de bobsleigh aux Jeux
olympiques d'hiver de 1928 à Saint-Moritz.

J.M.L. Desprats
Le destin tragique d'un des meilleurs rameurs de l'époque
mérite aussi d'être évoqué. Lucien Desprats, né à Cahors
et membre de ce club, est champion du Sud-Ouest et 3e
au championnat de France en 1910 en skiff, à un moment
où il n'est pas facile d'être reconnu lorsqu'on était pas
parisien. D'abord incorporé au 10e régiment d'infanterie, il
passe sur sa demande à l'aviation.
Il est abattu le 9 novembre 1916. Ce jour-là il est parti en
mission avec son appareil et deux autres aviateurs. Pris
tous les trois sous le tir d'une importante escadrille allemande, les trois appareils ont été abattus. Les deux autres
pilotes ont été légèrement blessés, Jean-Marie Desprats,
bien qu'il ait pu atterrir, est mort dans l'ambulance à
Béthincourt, (Meuse) dans l'heure qui a suivi.
Il a été cité à l'ordre de l'armée avec croix de guerre avec
palmes et figure au livre d'or de l'escadrille.

Jean-Marie Lucien Desprats

© DR

André Dubonnet, rameur à la Société Nautique de la
Basse Seine est le fils de Marius Dubonnet héritier du
fondateur du célèbre apéritif. Ce dernier est en outre
Président de la Société de 1883 à 1900. La Basse-Seine
est "sa chose, son enfant, un enfant terriblement
prodigue qui lui procure autant de complications sans
cesse renaissantes, que de plaisir. Mais il arrange
tout, aplanit tout et amène un nombre considérable
de membres titulaires et de mécènes. Ce fut un grand
capitaine." Il est le créateur du Challenge Dubonnet qui
récompense le titre en huit au championnat de France.

"Sous-officier d'un courage exemplaire, mitrailleur
d'élite. A trouvé une mort glorieuse au cours d'un
combat aérien, luttant malgré de graves blessures
contre les attaques réitérées de plusieurs avions
ennemis ; n'a cessé de tirer que lorsque ses forces
l'ont trahi, poussant ainsi jusqu'à leurs dernières
limites le courage et la volonté d'accomplir son
devoir". Lucien Desprats était également un excellent
joueur de rugby, un stade porte son nom à Cahors.

G. Delaplane :
un grand rameur,
un grand soldat
Nous avons présenté dans un précédent article, Gaston
Delaplane, originaire de la Basse-Seine, qui fut un des
premiers, et un de nos plus grands champions d'aviron
français. Il ne figure pas au palmarès olympique. Pourtant,
il obtint trois médailles aux Jeux. En effet, en 1906 furent
organisés à Athènes, contre la volonté de Pierre de
Coubertin, des "Jeux Olympiques intercalaires", lesquels
réunirent tous les meilleurs sportifs de l'époque. À
Athènes, Gaston Delaplane remporta l'épreuve de skiff,
devant un autre Français, Joseph Larran, obtint la médaille
d'argent dans le quatre barré et la médaille de bronze
dans le deux barré. Hélas, un demi-siècle plus tard, le
Comité International Olympique décidera que ces «Jeux
intercalaires" ne seraient pas considérés comme des Jeux
Olympiques officiels, et Gaston Delaplane disparut des
tablettes olympiques. Gaston Delaplane, rappelons le, fut
par ailleurs sept fois champion d'Europe d'aviron, entre
1905 et 1911 (dont cinq fois en skiff). Sportif éclectique, il
remporta en 1903 une «épreuve des trois sports", sorte de
triathlon, et participa de nouveau aux Jeux Olympiques,
en 1908 à Londres, mais cette fois dans les compétitions
de cyclisme.
L'Aviron du 24 avril 1915, donne les premières nouvelles
du soldat Delaplane. Affecté à un régiment d'artillerie
coloniale, qui est "heureux de faire de la bonne besogne
pour la patrie". Une citation à l'ordre du jour indique
que, sous le commandemant de Drouet, sa section, a été
volontaire pour "servir en première ligne une batterie
de 80 de montagne qui a contribué puissamment
à faire tomber la défense d'un village tenu par les
allemands, en soutenant jour et nuit la progression de
l'infanterie".

MAGAviron
Numéro 33
Août 2018

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Table des matières de la publication MAGAviron - N°33 - Aout/Sept./Oct. 2018

Sommaire
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