MAGAviron - N°33 - Aout/Sept./Oct. 2018 - 49

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es deux côtés du front, de lourdes
erreurs stratégiques envoient les
hommes à la mort par milliers. 1915
est une année de boue et de sang. Aux
massacres de la guerre de mouvement
de l'année 1914, succède la guerre de position. A
partir de l'épisode appelé "course à la mer", il n'y
a plus de champs de bataille, mais des lignes de
tranchées séparées par un no man's land où pousse
une nouvelle forme de végétation : le fil de fer barbelé.
L'idée d'une guerre courte n'est plus qu'une lointaine
illusion. C'est une guerre d'usure qui s'installe.
À la fin de l'année 1915, le bilan est effrayant 1 099 000
morts, blessés ou disparus. 112 000 hommes tombés
en Artois pour une avancée du front de 4 kilomètres et,
en Champagne, 182 000 victimes pour un gain de 5 kilomètres, c'est-à-dire 36 poilus sacrifiés par mètre gagné !
Puis, le 21 février 1916, tandis que la bataille de la Somme
s'essouffle, l'apocalypse se déchaîne devant Verdun. Cet
enfer durera 10 mois.

camarades. Hélas ! quelques-uns sont tombés glorieusement, nous les vengerons ! Tout va bien pour moi,
santé excellente. Mes amitiés à tous les camarades."
Un collaborateur du journal, Mr Defond indique : "Comme
vous le savez, je reçois chaque jour des lettres du
front ; vous ne sauriez croire comme ils sont heureux
de recevoir l'Aviron ceux qui m'écrivent."
Si les nouvelles circulent, la liste des morts et disparus
s'allonge inexorablement, au gré de l'évolution du conflit et
des choix stratégiques souvent contestables.

Aviron et aviation : deux
mondes qui vont se mêler
Nous voyons que l'histoire des rameurs pendant ce
conflit est riche de vaillants faits d'armes, d'engagements
héroïques, mais l'histoire la plus singulière et la plus
extraordinaire est certainement celle qui va lier l'aviron à
l'aviation.

Les rameurs continuent à quitter les sociétés en masse
pour rejoindre leur unité. Ce sont maintenant les "classes"
16 et 17 qui sont appelées. Nous avons vu que les
rameurs étaient dans toutes les armes et sur tous les
théâtres d'opérations. Ils s'y illustrent avec courage et une
farouche volonté de "faire leur devoir".

Le soldat Eugène Decourt de la Société Nautique de
la Basse-Seine écrit : "Je viens d'avoir le bonheur
inespéré d'entrer en possession de l'Aviron, qui nous
renseigne sur la grande part prise par les sociétés
nautiques dans cette guerre... J'ai eu le plaisir de
rencontrer Ticket et Pichard du Rowing, Vasseur de
Boulogne et Dacier de Bayonne, nous avons parlé
bateau et envisageons éventuelle sortie, soit sur le
Main soit sur la Sprée, mais quand ?... Reviendrais-je
de cette lutte titanesque ? That is the question ! En
attendant, faites-moi le plaisir de m'envoyer régulièrement l'Aviron."
Un autre sociétaire de la Basse-Seine, Henri Revéron écrit
encore : "Je vous remercie beaucoup pour l'Aviron
reçu dans les tranchées de première ligne à B... le
guidon bleu et or qui ornait mon adresse m'a rappelé
les bonnes journées passées avec les camarades de
notre chère Basse-Seine. La lutte est chaude par ici,
mais nous sommes certains de la victoire et c'est avec
confiance que nous nous battons. Tout va bien et le
moral est excellent ; nous ne tarderons pas à avoir ces
sales Boches. L'Aviron m'a donné des nouvelles des

Avion biplan avec sa mitrailleuse.
© DR

La publication régulière du journal l'aviron est assurée,
grâce à Paul Maréchal et aux contributeurs régionaux qui
ont compris "qu'il est indispensable de maintenir ce
lien". Celui-ci est distribué au front malgré les difficultés
d'acheminement ; c'est un formidable soutien moral. En
retour, les lettres des poilus arrivent chaque mois par
dizaines à la Fédération ou aux groupements régionaux.
Plusieurs volumes seraient nécessaires pour les publier
toutes.

La naissance de l'aviation
"Tout ça, voyez-vous, c'est du sport. Pour l'armée
l'aviation c'est zéro" a déclaré le Général Foch lors des
grandes manœuvres de 1910 où l'avion a fait son apparition pour la première fois. Rarement prédiction se sera
révélée aussi absurde.
A cette époque les grands chefs militaires pensaient
comme lui. Seul le général Roques a su se montrer claivoyant. "Les aéroplanes dit-il, sont aussi indispensables
aux armées que canons et fusils. C'est une vérité qu'il
faut admettre de bon gré, sous peine d'avoir à la subir
de force." C'est sous son impulsion que sont commandés
vingt Farman et vingt Blériot.
Balbutiante au début de la guerre, l'aviation connaît en
1915 un essor spectaculaire. D'abord arme de renseignement qui aide les artilleurs, elle démontre vite qu'elle est
capable de se battre.
Au matin du 5 octobre 1914 près de Reims, le sergent
Joseph Frantz et son mécanicien-mitrailleur, le caporal
Louis Quenault, à bord de leur biplan Voisin, croisent un
Aviatik allemand qu'ils parviennent à abattre, remportant
ainsi la première victoire aérienne de l'histoire. L'aviation
de chasse est née.
Dans un ouvrage publié en 2016, "Les aviateurs au
combat" Ronald Hubscher note : "Verdun : la première
grande bataille aerienne de l'histoire révèle le rôle
de l'aviation dans la strétagie militaire, désormais

MAGAviron
Numéro 33
Août 2018

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Table des matières de la publication MAGAviron - N°33 - Aout/Sept./Oct. 2018

Sommaire
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