Métiers
Compagnons de voûte
Fin janvier, les Compagnons du Devoir ouvraient leurs portes. Leur credo : susciter des vocations et redonner le goût des métiers manuels.
« Si vous vous lancez dans la métallurgie, vous êtes sûrs de trouver du boulot. Les entreprises vous attendent ! » Devant des collégiens plus ou moins concentrés, Claire Courteille détaille les formations proposées par la « maison » de Rennes. Soit 27 métiers : menuisier, plâtrier, tapissier, boulanger, tonnelier, plombier chauffagiste… Un ado : « Vous avez des demandes pour des maçons couvreurs ? » « Moins qu’avant, mais ça embauche toujours. C’est plus compliqué pour les ébénistes. Mais le top du top, ce sont les maréchaux-ferrants. Avec les courses de chevaux qui se multiplient, le métier fait un retour en force. »
Outre la quasi-certitude de trouver une formation en alternance, puis un vrai travail, les Compagnons valorisent un large panel de métiers trop longtemps décriés. « Toi, tu es nul, tu vas faire un métier manuel. Combien de fois on entend ça !, se désole Claire. Mais ça commence à changer. »
Cette association loi 1901 est l’une des héritières des mouvements du compagnonnage nés, dit-on, vers le xiie siècle (à l’époque de la construction des cathédrales). Une grande famille ouverte aux jeunes dès 15 ans, qui promeut une valeur phare : le respect. « Respect des autres, de vous-même, de votre sommeil, des idées différentes… Si vous voulez devenir compagnon, vous apprendrez les uns des autres tout au long de votre carrière. » Un discours qui fait tilt chez certains jeunes (“ on peut être à la fois boulanger et pâtissier ? »), avec cinq années de tour de France à la clé. Plus qu’un métier, une véritable invitation au voyage…
C. R.
Contact : 2, rue Jules-Verne
Minutieux
Aspirant compagnon, ce jeune charpentier prépare son chef-d’oeuvre de réception.
Architecture
(Re)visitez la Visitation
La rue de la Visitation à la fin du xixe siècle.
Ils sont déjà 5 000 à avoir jeté un coup d’œil derrière la bâche du 1, rue de la Visitation. Le bâtiment, en travaux de rénovation, est pourtant interdit au public. Leur truc ? Tout simplement le blog créé par l’entreprise Espace P2i pour raconter aux curieux l’évolution du chantier. « La plupart du temps, devant un bâtiment en travaux, on ne sait pas ce qui se passe derrière la bâche », déplore Jean- Baptiste Raut, responsable communication chez Espace P2i.
« Le 1, rue de la Visitation fait partie du patrimoine rennais, et les artisans qui y travaillent sont des orfèvres. On a voulu partager ça avec les gens. Et c’est le blog qui nous est apparu comme le moyen le plus simple », poursuit-il.
Sur le site web, on peut effectivement découvrir le journal du chantier actualisé pratiquement chaque semaine. La liste des artisans qui interviennent est également en ligne, mais il y a surtout l’histoire du lieu. Bâti vers 1641 pour le couvent des Visitandines à l’emplacement d’une ancienne forge, l’édifice était destiné à la location. Saisi par les révolutionnaires, il passe de main en main jusqu’à ce qu’un des derniers propriétaires le lègue récemment au diocèse.
Racheté en 2011 par Espace P2i, le 1, rue de la Visitation va retourner d’ici fin 2012 à sa fonction initiale : l’investissement locatif.
N. R.
Pratique : Le blog du 1 rue de la Visitation, http://www.revisitation.fr
« Six appartements et un commerce occuperont le bâtiment à l’issue de la rénovation », annonce Jean-Baptiste Raut.
Journée des femmes
Quelle place pour les femmes en politique?
Françoise Gaspard est experte internationale sur les questions d’égalité. Elle donnera lundi 12 mars à 18 h une conférence à l’Hôtel de Rennes Métropole.*
Quelle est la place des femmes dans les instances décisionnaires?
Dans les instances politiques, les femmes prennent leur place très lentement. Partout dans le monde, les lois sur la parité sont contournées. En termes de représentativité des femmes dans les parlements, on se rend compte que la France occupe le 68e rang mondial, derrière la Suède et le Rwanda, notamment.
Les lois sur la parité ne seraient pas efficaces?
Elles ne sont pas inutiles, mais il existe d’autres méthodes pour aboutir à plus d’égalité. Les pays du nord de l’Europe et l’Allemagne ont choisi d’instaurer des lois sur la parité à l’intérieur des partis politiques. En France, le problème tient à ce qu’on pense encore qu’une femme dans une organisation politique, c’est un homme en moins. Les hommes ont du mal à céder leur place. Ce n’est pas une histoire de patriarcat. Selon moi, le patriarcat est mort depuis longtemps. La domination masculine s’exprime davantage par le fratriarcat : le règne des frères. Les réseaux masculins sont très puissants et ils fonctionnent bien parce que les hommes, à l’inverse des femmes, ont du temps pour les entretenir.
Pourquoi cette différence?
Quand les femmes arrivent en masse dans les conseils municipaux, elles posent des questions embarrassantes. L’une est centrale : celle du temps. Femmes et hommes ne disposent pas du même temps. Les études sur les transports montrent, par exemple, que les femmes se déplacent quatre fois plus que les hommes. Là où les hommes vont et reviennent du travail, elles naviguent entre école, courses, travail et activités des enfants. Les femmes politiques remettent en cause la frontière entre le public et le privé et posent la question de ce que les hommes ne font pas dans la sphère privée.
Êtes-vous optimiste?
Si la société réussit à comprendre que la représentativité politique des femmes est indissociable de ce qui se passe ailleurs dans leur vie, oui. La hausse du taux de scolarisation des petites filles, partout dans le monde, et la prise de conscience de l’urgence à intervenir sur la question des violences intra-familiales sont des pistes prometteuses.
Audrey Guiller
* sur le thème « Participation des femmes dans les instances politiques au niveau international ». Programme complet des Journées des femmes sur www.rennes.fr
TÉLEX
Les Cupcakes du Cœur
De jeunes lycéens–entrepreneurs ont créé une entreprise artisanale de cupcakes, pâtisseries américaines. Objectif : les vendre au profit de l’association les autos du coeur, qui fournit un véhicule aux plus démunis.
Plus d’infos sur la page Facebook de Cup’Art
Marche solidaire
Dimanche 18 mars au parc des Gayeulles, marche de l’amitié en faveur de jeunes sportifs handicapés, à potentiel de haut niveau. Rendez-vous à 9 h 45, parking rue du Pâtis-Tatelin. Participation de 3 € entièrement reversés à l’association Handisport.
Rue des livres
5e édition du festival de littérature tout public à Maurepas, du 2 au 4 mars sur le site Guy-Ropartz. Débats, cafés littéraires, rencontres avec des auteurs, lectures, représentations théâtrales... Remise du prix des lecteurs le 3 mars. Gratuit et ouvert à tous.
Vente aux enchères
Jean Justum, peintre breton impressionniste, fauviste et contemporain, a créé en 2010 la « Donation Justum ». Vente au profit de l’association Avant tout, samedi 14 avril : exposition de 9 h à 14 h 30, vente à partir de 15 h, dans la galerie de la Mir, 7 quai Chateaubriand.
« À dos, à pied, à vélo »
Concours à destination des lycéens, à titre individuel ou par classe. Le thème : l’utilisation des transports « doux » en ville. Conditions : comparaison lors d’un voyage à l’étranger ou recherche documentaire. Inscriptions avant le 15 avril.
n° 7 - mars-avril 2012 - Les Rennais 7
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