Dans cette parution

Aller directement à la page

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | 44 | 45 | 46 | 47 | 48 | 49 | 50 | 51 | 52 | 53 | 54 | 55 | 56
Partager

Vous souhaitez partager cet article avec votre communauté en ligne?

Ajouter à del.icio.us Ajouter à Digg Ajouter à Google Bookmarks shareLinkedin

Branché sur le RezO

Rappeur et producteur respecté de la scène locale, RezO a pour autre particularité d’animer une émission de radio sur Canal B depuis seize ans. À 36 ans, le Rennais reste fidèle au poste et au hip-hop.

Avec sa casquette et son caban, l’homme assis devant nous nous fait davantage songer à un marin ayant sillonné les océans qu’à un petit marrant écumant de colère dans sa cité. À 36 ans, RezO a atteint l’âge de raison, sa voix se pose plutôt qu’elle n’explose. Faut-il le préciser ? Par ses faits d’art comme rappeur producteur, ou par son rendez-vous hebdomadaire fédérateur sur radio Canal B comme animateur, le Rennais est une véritable institution du hip-hop local.

Génération Obsolète ?

« Avec “Les Grignous”, “Nex’RezO” est sans doute la plus vieille émission de radio de Canal B, sourit l’intéressé. L’idée est de valoriser la scène locale rap, le tout en direct, car le rap, c’est aussi de l’improvisation. » À raison de quatre heures d’émission chaque samedi soir (deux heures, désormais), imaginez le nombre de clans venus agiter la bande passante depuis 1998…

Enfant de la génération J’appuye sur la gachette (NTM), RezO a surtout été nourri au pis du rap américain (De la Soul, Beastie Boys…). Artiste beatmaker depuis 1996, le fan du Wu Tang Clan est un radieux nostalgique du Golden Age de 1995-1996 et du fameux son boum bap.

« À Rennes, la vitalité de la scène rock est la forêt qui cache la larve underground hip-hop. D’ailleurs, il n’y a pas chez nous de festival porteur. » Et RezO d’insister sur ce roseau rap peint en fer : « Le problème est que le hip-hop ne marche que s’il est saupoudré d’autre chose. Pris isolément, il reste aux yeux de la plupart une culture transgressive. Si celle-ci a le droit d’être gentillette, elle ne peut être intellectuelle. »

Son papa était chanteur baryton. Pour paraphraser Joey Starr, RezO a donc entendu « ces vieilles rengaines qui vous tapent comme un gros coup de surin en pleine poitrine », dont Serge Reggiani. « C’est peut-être pour retrouver l’importance des mots que je suis venu au rap. » Alors qu’il boucle un album avec son pote angevin Pepso Stavinsky sous le nom de Rezinsky, et prépare fébrilement son set aux prochaines Hip-Hop Sessions de Nantes, RezO prend le temps de nous annoncer le prochain opus du Rennais Simba comme « une vraie petite bombe. »

« J’;aime le sample. Il fait revivre ce qui est mort.» Même s’il s’est assis sur beaucoup de rêves, le chevalier sampleur et sans reproche continue d’œuvrer pour la cause. Alors, génération Obsolète ? Comme il vient de le dire, le hip-hop est éternel, et le rap n’est donc pas près de reposer en paix. Notre cœur devrait donc faire boum bap encore longtemps.

J.B.G.



N° 21 / février - mars 2015 / Rennes Métropole Magazine 47