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« Je ne tourne pas sur la tête »

Figure incontournable de la danse hip-hop, le Rennais Bruce Chiefare n’a pas pris la grosse tête pour autant. Le « chat », comme on l’appelle parfois, est un maître des arts martiens, et ce, même s’il garde les pieds bien sur terre.

À 32 ans, Bruce Chiefare n’a plus grand-chose à prouver : en première ligne de Wanted, les champions du monde de battle, ou dans les rangs de Kafig et Accrorap, les deux plus grosses compagnies de l’Hexagone, le jeune Français d’origine cambodgienne et réunionnaise est un bouillant de culture. Mais Bruce n’est pas une brute. Il est même la douceur incarnée. Un paradoxe pour une danse hip-hop qui ne chercherait qu’à muscler son jeu ?

Génération 97

« Je ne tourne pas sur la tête », dit-il pour confirmer que la prouesse technique, la démonstration et les figures qui en jettent ne relèvent pas chez lui de l’obsession. Et rappeler que son esprit n’a pas été grisé par l’état de grâce du succès. « J’ai commencé comme beaucoup à la maison de quartier de Villejean, en 1997, avec monsieur Descamps. J’ai aussi cinq grands frères qui dansaient déjà avant moi. Mon détonateur, comme pour beaucoup d’autres, se nomme Michael Jackson. »

Avec un papa prof d’arts martiaux et une maman enseignant la gym danse, Bruce a forcément la culture du corps. « Ma première expérience véritable fut une de ces Breizh battles organisées dans le passé par les TransMusicales. » Puis tout s’est enchaîné aussi vite que les mouvements. « De battle en battle, un jury m’a proposé de participer aux championnats de France à Paris, en 2001. Je crois que notre style tout en “débrouille”, et donc plutôt inventif, a plu. Nous avons gagné. » Après la traînée de poudre, le feu sacré : « On m’a appelé de partout. J’ai représenté la France en Corée, au Japon, à Los Angeles» Et du feu sacré au jardin secret : « J’ai deux enfants de 5 et 7 ans. Quand ils sont nés, j’en ai profité pour faire une pause et m’intéresser aux bonsaïs. Ce côté “nature” a influencé ma pratique en retour. » Bruce fait pousser des lianes dans la cité, de celles qui relient les gens. « Quand je reviens, je m’entraîne comme au début. Dans les centres commerciaux, sur la dalle du Colombier, ou sur le spot de l’Université Rennes 2. Je constate que notre ville compte dans ses murs des centaines de gamins passionnés de hip-hop. Ça n’a pas changé. » Lui non plus visiblement, qui continue de rêver à une danse hip-hop libre de ses mouvements.

J.B. G.



N° 21 / février - mars 2015 / Rennes Métropole Magazine 45