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au long de l’année. » Belle illustration du propos : le « battle » organisé avec des enfants de moins de douze ans à l’occasion des dernières Rencontres TransMusicales, et fruit des cinq ateliers périscolaires mis en place avec la récente réforme des temps éducatifs.

Le point sur le hip

Dans quelques jours, la danse urbaine aura à nouveau le vent en poupe à l’occasion du tant attendu Temps fort hip-hop : « J’ai toujours rêvé de mettre du hip-hop à l’Opéra. Je suis donc allé voir Alain Surrans, le directeur de l’établissement, avec plusieurs propositions. Curieusement, son choix s’est porté sur les formes les plus brutes. » Et notamment, ce Krump’n’break Release, concentré explosif de danses hip-hop (krump, break, release, contact). À l’affiche également : la « house » brut de décoffrage d’une dizaine de « women’s power » réunies dans la Cie Paradox-Sal ; l’incontournable Block Party Battle VIII… La danse, donc. Et les autres tendances ? « Énormément de pratiques nouvelles se développent, comme les graffs en mousse végétale. Il y a aussi les Guerilla Gardeners, des gars qui se promènent à vélo en semant des graines à tout vent. » Une fois mentionnés les rois semeurs, la culture hip-hop est-elle en vie ? À Rennes, les responsables politiques semblent avoir pris la mesure de ses enjeux depuis longtemps : son dispositif « Graff en ville », mis en place en 2002, est précurseur ; le studio le Block du Blosne, même s’il a fermé ses portes, a longtemps eu valeur d’exemple… « Le problème avec les institutions, par contre, c’est que quand vous leur dites “hip-hop”, elles vous répondent “service jeunesse”. Mais DJ Marrrtin, par exemple, a presque quarante ans ! » Infusant dans les « crews » et diffusant aux quatre coins de la ville, le hip-hop se propage jusque dans la mode vestimentaire. Le genre serait donc bien sous toutes les cultures, même si, c’est bien connu, l’habit ne fait pas le moine.

Jean-Baptiste Gandon

D'AUTRES RENDEZ-VOUS :

Quartiers d’été, en juillet ; Doin’it festival, en août ; Engrenages, en octobre ; les TransMusicales en décembre.

www
Temps fort hip-hop,
du samedi 14 février
au jeudi 5 mars,
au Triangle.
02 99 22 27 27.
www.letriangle.org

LEXIQUE

crew : groupe, tribu, clan

turntablism : faire tourner les platines, mixer

krump, release, contact, break : styles de danses hip-hop

battle : littéralement bataille d’improvisation chorégraphique

Dans le tourbillon de la ville

Qu’elles invitent le public à mettre la main à la pratique ou à assister à des spectacles, les rencontres Urbaines ne sont jamais trop humaines. Quand le hip-hop rime avec populaire, l’Antipode MJC n’est jamais loin.

Du tricot urbain (yarn bombing) au golf de rue (street golf), la cité est un terrain de jeux propice aux pratiques les plus originales. Un constat vérifié chaque année, depuis cinq ans, du côté du quartier Cleunay et de l’Antipode MJC. « Les Urbaines existent pour susciter des rencontres et des échanges autour des pratiques urbaines, mais aussi pour faire la promotion des jeunes talents et les accompagner. »

Les Baines-Ur n’arrêtent pas leur char

La formule présentée par le directeur de l’Antipode, Thierry Ménager, semble fonctionner à plein tube, à en croire les nombreux projets nés au sein même des Urbaines depuis leur création. « Notre dessein est bien sûr également de croiser les pratiques, sans cloisonnement entre les amateurs et les professionnels. » Du graff au rap et des échasses de rue au pochoir, la ville est comme une page blanche qu’il s’agit de remplir. Qu’elle joue sur le levier de l’initiation ou de la représentation artistique, la manifestation gagne du terrain à chaque édition. Pour ce 6e round, le rendez-vous du quartier Cleunay élargit d’ailleurs son aire de jeux aux autres MJC rennaises (Bréquigny, Maison de Suède, Grand Cordel), au Triangle, ainsi qu’à trois communes de Rennes Métropole (Corps- Nuds, Brécé, Le Rheu). Côté apprentissage, les Urbaines proposent notamment un stage « danse et multimédia » pour des personnes valides et à mobilité réduite ; un atelier pour créer avec de la craie ; le rappeur Da Titcha partagera sa science de la rime du côté de Brécé ; le stage très pédago « caméra GoPro » devrait enfin attirer nombre de skaters ou de mordus du BMX. « Il y aura un contest de glisse à l’Arsenal, une chasse au trésor 3.0, c’est-à-dire géolocalisée... » Après avoir suivi la course de boîtes à savon, le public pourra aller coincer la bulle auprès d’une expositionPourquoi pas celle de Zilda, le lord rennais du graff, consacrée cette fois aux peintres du xviiie siècle ? « Parallèlement, le Réseau Urbain d’Expression Jeunesse a élaboré un parcours sur le quartier Cleunay-La Courrouze. Une trentaine d’œuvres, éphémères ou non, balisent le circuit. » Pour finir par les décibels, Micronologie, DJ Freshh, Yelle ou encore Paula Temple seront maîtres du logis. Bref, à l’image de l’affiche bitumeuse de cette 6e édition, les Urbaines savent faire œuvre concrète. Concrete qui, en anglais, signifie « béton ».

> Jean-Baptiste Gandon

www
Urbaines, du jeudi
5 février au samedi
7 mars, Antipode MJC
et autres lieux de
Rennes Métropole.
02 99 67 32 12
www.antipodemjc.com



N° 21 / février - mars 2015 / Rennes Métropole Magazine 43