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Dans la forêt des micropieux

hors norme Terrasser, soutenir la structure et retenir la terre. Puis recommencer, 2,5 mètres plus bas. C’est ce que font les compagnons du chantier des Jacobins depuis six mois.

La pluie a cessé ce jeudi aprèsmidi sur le chantier des Jacobins. Les hommes s’activent au milieu des engins et du bruit. Audessus de leurs têtes rigoureusement casquées, le bâtiment est là, maintenu en suspension par une structure porteuse en béton armé qui s’appuie sur une autre, métallique, composée de micropieux. Le couvent semble flotter au-dessus du sol. La technique doit permettre de refaire les fondations du couvent en passant par endessous et de réaliser des salles de cinq cents à mille places. C’est Cyril Courcoux, ingénieur méthode pour la société Sogéa Bretagne, qui pilote le chantier. « C’est complexe techniquement. Il faut séquencer le projet en plusieurs phases pour rendre plus facile l’exécution. » Sur 8 à 12 mètres de profondeur, les terrassiers extraient 80 000 m3 de terre par palier de 2,50 mètres. À chaque palier, il faut renforcer les pieux en les reliant entre eux pour éviter qu’ils ne s’écartent. Patrice et Jérôme sont soudeurs et c’est leur mission. « Je ne peux même pas dire combien de pieux j’ai renforcé ! On en est déjà au troisième niveau », raconte Patrice pendant que son collègue soude. Il y a 127 micropieux en tout.

Un travail de fourmi

Plus on creuse, plus il faut soutenir les contours du chantier. Devant la paroi qui se construit vers le bas, un homme semble sortir d’un film de SF. On l’appelle le « cosmonaute » à cause de sa tenue de travail. Son rôle ? Projeter du béton à haute pression sur le mur de soutènement. « On creuse, on met un treillis sur la paroi et on stabilise avec le béton projeté. Les maçons montent un mur. Ici, on descend, annonce Pierre-Yves, le conducteur de travaux. L’armature est très solide. » Le travail, pénible, s’effectue en binôme. Le « cosmonaute » dirige la projection ; son équipier porte le tuyau.

Pour ce chantier hors norme, il a fallu trouver des techniques pour garantir la sécurité des hommes et assurer moins de pénibilité. « Travailler sous un bâtiment signifie que l’on ne peut pas s’aider d’une grue, on ne peut pas couler du béton. On a réalisé des coffrages en résine que les compagnons peuvent porter et le béton est injecté au pied du coffrage. » Cyril Courcoux n’a pas fini d’adapter la technique aux contraintes de ce chantier. Il doit désormais réfléchir à une solution pour démonter les pieux en toute sécurité et dans le respect des délais. > Isabelle Barreau

RENDEZ-VOUS :

DÉCOUVREZ LE CHANTIER DES JACOBINS : vue plongeante sur le chantier, échanges directs avec les entreprises, parcours de visite et diffusion de vidéos. Les 6 et 7 février 2015, de 13 h 30 à 17 h 30. Accès par la rue d’Échange (métro Sainte- Anne). Gratuit et ouvert à tous.

1 . Les terrassiers s’affairent sous le couvent pour évacuer 80 000 m3 de terre.

2. Un univers étrange dans lequel le « cosmonaute » projette du béton sur les parois pour les consolider.

3. Jérôme et Patrice, soudeurs, empêchent les pieux de s’écarter (et le couvent de s’effondrer).



N° 21 / février - mars 2015 / Rennes Métropole Magazine 35