Dans cette parution

Aller directement à la page

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 32 | 33 | 34 | 35 | 36 | 37 | 38 | 39 | 40 | 41 | 42 | 43 | 44 | 45 | 46 | 47 | 48 | 49 | 50 | 51 | 52 | 53 | 54 | 55 | 56

Métropole se doit aussi de définir un plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). « Le découpage sectoriel va nous permettre d’avoir une approche et une lecture différenciée selon les secteurs pour élaborer le PLUi qui remplacera le PLU des communes. »

Une continuité logique

Autre objectif des comités de secteurs : « ce sont des polarités intermédiaires permettant de mutualiser les moyens et les projets de coopération, dans un contexte de baisse des dotations de l’Etat », souligne André Crocq. Chaque commune s’est prononcée sur le secteur auquel elle souhaitait appartenir, « car c’est aux communes de juger des territoires de coopération pertinents ». C’est fort logiquement que le découpage reflète des réalités de terrain déjà existantes. Ainsi, le secteur ouest recoupe en grande partie le CIAS (Centre intercommunal d’action sociale). Le secteur nord regroupe une grande partie des communes du Syrenor (Syndicat de recherche et d’étude du nord-ouest de Rennes). Le syndicat intercommunal de la Conterie, associé à la piscine du même nom, à Chartres-de-Bretagne, réunit la quasitotalité des communes du secteur sud. Ces coopérations, parfois anciennes – 1965 pour le CIAS – se retrouvent donc en partie dans les secteurs créés. Par ailleurs, les dispositifs de soutien à l’investissement, comme ceux proposés par le Conseil Général, par exemple, pourront s’appuyer sur les comités de secteur. « Ces regroupements nous permettront de cibler les financements sur des projets structurants. »

Monique Guéguen

PAROLES D'EXPERT

« Rennes Métropole, un modèle de développement qui résiste »

Quatorze métropoles françaises depuis le 1er janvier. Une révolution ?

C’est la première fois que l’on met en avant les villes. Que l’État accorde le statut de métropole signifie que l’on évolue vers un régime territorial davantage centré sur les villes. Mais, même si c’est la reconnaissance d’une place spécifique sur le territoire, être une métropole, cela ne se décrète pas. On ne choisit pas d’être métropole. On le devient. La métropolisation est un phénomène récent. Jusqu’alors, on était dans un développement de la ville de type plutôt en tache d’huile, de proche en proche. Désormais, on est davantage dans une forme de développement en réseau où l’ouverture et les liens extérieurs comptent autant que la proximité.. La métropolisation, c’est un peu la trace au sol de la globalisation.

C’est-à-dire ?

Au-delà de la seule application de la loi, la métropolisation est un processus de mutations sur de multiples plans : l’intégration dans des flux mondiaux, qui se traduit par une montée en puissance de certaines activités ; l’ouverture sociale, avec une attractivité pour des populations mobiles, qui choisissent peu ou prou leur métropole ; l’ouverture spatiale : la métropole, c’est la ville sans frontières, qui se déploie un peu comme un rhizome. C’est la combinaison particulière de ces trois processus qui fait la singularité de chaque métropole.

Quelques exemples ?

Suivant les villes, la métropolisation a des impacts différents. Par exemple, Montpellier est peu mondialisée, au niveau économique, mais hyper attractive au niveau social et spatial. Au contraire, Clermont-Ferrand, très mondialisée, ne décolle pas en termes d’attractivité résidentielle. La métropole est une chance mais aussi source de contradictions entre la croissance économique et la cohésion sociale. C’est un processus qui interroge nécessairement tous les territoires.

Et Rennes Métropole ?

Ce qui me frappe, à Rennes Métropole, c’est le côté vertueux d’un modèle de développement urbain qui résiste, bien que percuté par une forte croissance démographique, un modèle de développement économique inclusif, un développement autour de la villearchipel et une logique d’action publique redistributive favorable à la cohésion sociale. La question fondamentale est comment prendre appui sur ce modèle pour accompagner les mutations à venir, tout en en préservant les spécificités.

Quel avenir pour la métropole Rennes Métropole ?

Comme je l’ai dit, la métropolisation, c’est d’abord un processus. L’enjeu n’est pas de gagner des places pour être au niveau européen… C’est, d’abord, avoir un projet. Depuis les années 1970, Rennes Métropole – auparavant, le District – est un modèle d’aménagement urbain qui fait référence. Mais l’efficacité de ce modèle est aussi garanti par un fonctionnement un peu en circuit fermé, peut-être aussi sa situation à la périphérie de la Bretagne. La métropolisation, ça va faire bouger tout ça. On ne peut pas savoir comment. > Propos recueillis par
Monique Guéguen

www
Daniel Béhar est intervenu lors du Carrefour des Observatoires, à l’Audiar, mercredi 3 décembre. Retrouvez les interventions sur www.audiar.org



N° 21 / février - mars 2015 / Rennes Métropole Magazine 25