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DOSSIER | La métropole en marche

« La métropole, une dynamique à amplifier »

Entretien avec Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole

Le fait d’obtenir le statut de métropole fait-il de Rennes Métropole une métropole ?

C’est évidemment un levier, un atout, d’être, depuis le 1er janvier 2015, une métropole au sens de la loi. C’est une reconnaissance. C’est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Ce qui fera vraiment de nous une métropole d’échelle nationale, voire, demain, peut-être, d’échelle européenne, ce sont un certain nombre de projets, d’équipements, d’infrastructures qui vont être livrés dans les années qui viennent, la cité internationale, le centre des congrès, la 2e ligne de métro. C’est aussi le dossier de la grande vitesse, du pôle d’échanges multimodal, donc l’accessibilité renforcée du territoire rennais aux grands centres de décision européens et des flux économiques. À l’horizon 2020, lorsque tous les projets seront livrés, le visage de la Ville de Rennes et celui de Rennes Métropole auront changé.

C’est une mutation qui est déjà en cours ?

Bien sûr. Il faut distinguer le processus de métropolisation et la métropole comme statut, qui vient consacrer une dynamique. Une dynamique qui n’a pas démarré en 2014, et que l’on doit consolider, conforter et amplifier. Il faut aussi considérer, y compris du point de vue de la loi et du statut, que la métropole ne s’arrête pas au 1er janvier. 2015, c’est le transfert des compétences des communes vers la métropole ; 2017 et les années suivantes, le transfert des compétences du département vers la métropole, même si on n’en connaît pas aujourd’hui le périmètre. De plus en plus, les structures intercommunales vont voir le périmètre de leurs compétences et de leurs moyens augmenter.

Quelles questions nouvelles pose la métropolisation ?

L’élément nouveau est que l’on a à la fois un renforcement des compétences et des enjeux réaffirmés d’attractivité et de rayonnement du territoire. Ce renforcement de nos compétences et de l’intégration communautaire doit être équilibré par une exigence de proximité. Rayonnement/ proximité, c’est un équilibre permanent à tenir. C’est ce qui nous a amenés aux propositions de gouvernance nouvelles et de création des comités de secteur. La proximité est aussi un enjeu vis-à-vis des acteurs du territoire. Il nous faut être en empathie avec les acteurs économiques, universitaires. Et être aussi autant que possible proches des citoyens, car demain l’on exercera un certain nombre de compétences nouvelles. Ce sont aussi des enjeux forts de citoyenneté et de démocratie locale.

Qu’est-ce qui fait la force de Rennes Métropole dans ce processus de métropolisation ?

Ce qui fait la force du modèle rennais, c’est la ville-archipel, c’est-à-dire un modèle urbain qui organise des limites franches entre les parties urbanisées, les espaces dédiés à l’activité agricole, les espaces naturels… Nous sommes un territoire qui a toujours su faire de la cohésion sociale, territoriale sa marque de fabrique. Il y a toujours eu cette idée que la protection et la valorisation du modèle de la ville-archipel devait être complétée par une recherche d’attractivité du territoire, d’ouverture à l’international et la nécessaire affirmation des fonctions métropolitaines. Prenons un exemple très concret, celui de la voirie. À l’horizon 2017, nous aurons la responsabilité et tous les leviers pour tout ce qui concerne la mobilité, c’est-à-dire à la fois la responsabilité de l’ensemble des voiries sur le territoire de l’agglomération et celle des transports collectifs, comme on l’a aujourd’hui. Justement, à ce moment-là, avoir tous les leviers sur la mobilité, c’est une manière de garantir le modèle de la ville-archipel parce qu’on a une forme de dialectique entre le modèle urbain, la localisation des activités, des logement et la mobilité dans l’agglomération.

Quels sont les grands enjeux pour la métropole ?

C’est d’être à la fois capable de conforter et de soutenir les piliers traditionnels de notre économie, l’automobile, le secteur du bâtiment, l’agroalimentaire. Dans le même temps, il faut accompagner la mutation de notre économie, une mutation déjà à l’œuvre. C’est notamment, autour des valeurs de l’innovation, dans toutes les filières économiques, être capables de chercher et de trouver les

” Il faut être encore plus fort sur les enjeux de rayonnement et d’attractivité et toujours plus vigilant sur les enjeux de proximité. »



20 Rennes Métropole Magazine / N° 21 / février - mars 2015