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Nous veillons aussi à mettre le créateur dans la posture de l’entrepreneur. Cette fois, il n’y a pas un CV avec une fiche de poste détaillée, mais une feuille blanche devant soi. Il faut faire travailler l’imagination. Ensuite, nous détaillons la stratégie commerciale et le risque. Au démarrage, il y a trois questions à se poser. Combien suis-je prêt à risquer de mon épargne pour mon entreprise ?, Combien de temps puis-je tenir sans que l’activité ne me rémunère ? Et quel revenu j’en attends ?»

Partager son projet, l’une des clés de la réussite

« Le projet de création est un parcours difficile. Les porteurs ont besoin des professionnels pour l’aspect technique, mais aussi de personnes avec des parcours similaires », constate Véronique Faucheux. C’est là que le réseau entre en ligne de compte. « L’échange des bonnes pratiques s’y fait. Plus un projet est partagé, plus il est enrichi, c’est une des clés de la réussite », confirme Nicole Levelu. « Chaque rencontre a fait boule de neige », se remémore de son côté Françoise Poulain-Bazin. En octobre, elle a fondé Box Service Concept, un service de pressing connecté, à Saint-Grégoire, avec quatre associés. « Après vingt-cinq ans d’expérience dans la direction administrative et financière de groupes internationaux, j’avais envie de faire autre chose et de capitaliser mon parcours. J’étais membre d’Entreprendre, un réseau de chefs d’entreprise qui accompagnent les nouveaux entrepreneurs. Le réseau rompt l’isolement et nous évite de faire les premières bêtises. Il nous incite à parler du projet dans un cadre bienveillant et constructif, à le faire mûrir. »

Des lieux pour démarrer en douceur

Avant de se lancer dans le grand bain, des solutions existent aussi pour tester son activité. Élan créateur est une coopérative d’activités et d’emploi. Elle accueille les créateurs sous le statut d’entrepreneur salarié, contre un salaire et la couverture sociale d’un salarié classique. Une manière alternative d’entreprendre, choisie par Lionel Myszka, 43 ans, créateur de Webpatron à Rennes, société de formation et de conseil sur les réseaux sociaux pour les entreprises.

« Je suis arrivé à Rennes en 2009, je ne connaissais personne. J’avais déjà créé une société de production audiovisuelle à l’étranger, mais je ne savais pas comment cela fonctionnait en France. Pendant trois ans, je me suis engagé avec Élan créateur. L’esprit de l’économie sociale et solidaire me convenait. La Scop a hébergé juridiquement et fiscalement le projet. J’ai ainsi utilisé le numéro de Siret de la coopérative pour les factures. Elle gère aussi toute la partie comptabilité. C’est très confortable et cela m’a permis de confirmer mon activité, j’ai créé une SARL fin 2013. » La Scop accompagne en parallèle le porteur de projet dans cette phase transitoire. En contrepartie, ce dernier lui reverse 10 % de son chiffre d’affaires. « Lancer son activité est un droit pour tous. Nous développons une économie plus humaine et plus durable », précise Nelly Lechaplain, directrice générale d’Élan créateur. Gage de crédibilité, le choix d’un local reflète l’image de l’entreprise aux clients et aux fournisseurs. Au démarrage, il peut être un frein à la création. Pour y remédier, la Meif a lancé le dispositif Cap Kennedy, en 2011, dans le quartier Villejean. Géré par Élan créateur, il peut accueillir jusqu’à six entrepreneurs dans des bureaux

EN CHIFFRES

2 805 entreprises immatriculées à Rennes métropole en 2013. Environ la moitié sont des auto-entreprises

70 % c’est le taux de survie après 3 ans et il tombe à 50 % après 5 ans. Un chiffre qui ne signifie pas pour autant que la moitié des créations d'entreprises sont des échecs. Certaines entreprises font en effet l’objet d’une reprise. Quant aux entrepreneurs, certains arrêtent du fait d'un départ à la retraite ou encore de la volonté de lancer une nouvelle entreprise.

70 % des créateurs sont des hommes, même si la création d'entreprise se féminise petit à petit. Source : CCI d’I.-et-V.

L’AVIS

Véronique Faucheux, directrice de la Maison de l'emploi, de l'insertion et de la formation du bassin de Rennes.

«Plus on est accompagné, plus la création d’entreprise est viable. »



N° 21 / février - mars 2015 / Rennes Métropole Magazine 13