NOUVELLES DE L’AGGLO

Quatre-vingt-quinze places d’hébergement d’urgence sont mises à la disposition de CooRUS(1) par six communes de l’agglomération.

CooRUS pour les plus démunis

hébergement d’urgence Depuis un an, plusieurs communes de Rennes Métropole sont engagées dans CooRUS(1), un dispositif d’accueil d’urgence pour les populations en détresse.

CooRUS est né en 2011, à l’initiative de la Ville de Rennes et de plusieurs communes de l’agglomération, à la suite de l’émotion suscitée par le squat de locaux insalubres rue Louis-Postel à Rennes en décembre 2010. « Il faisait très froid cet hiver-là. Les personnes étaient essentiellement des demandeurs d’asile, mais pas seulement », se rappelle Claudine Paillard, directrice générale Solidarité Santé de la Ville de Rennes. Cette situation, ainsi que le nombre croissant de personnes sans logement, a relancé une réflexion, aboutissant à CooRUS. L’idée : fluidifier l’ensemble du dispositif général d’hébergement d’urgence quand celuici est saturé. « Plusieurs communes de l’agglomération, dont Rennes, des associations de solidarité, se sont réunies à la préfecture pour coordonner des actions conjointes. » Les communes ont proposé de mettre à disposition gratuitement des logements de leur parc immobilier, permettant l’hébergement de 75 personnes à Rennes, 20 entre Betton, Bruz, Le Rheu, Noyal-Châtillon-sur-Seiche et Thorigné-Fouillard, la gestion étant confiée au SEA 35 (2). Des moyens financiers ont été dégagés par Rennes Métropolecréer des postes d’accompagnement social au sein du SEA. « Mettre à disposition des logements ne suffit pas. Plusieurs questions se sont posées : à quel public les destine- t-on ? Sachant que ces logements sont plutôt au format familial, pour quelle durée ? Et quel suivi mettre en place ? », explique Claudine Paillard. Décision est prise d’ouvrir ces 95 places à toutes les personnes, quelle que soit leur situation, pour des durées courtes « afin d’aider le maximum de gens ».

Accueillir les demandeurs d’asile

Dans les faits, depuis ses débuts, CooRUS accueille principalement des demandeurs d’asile. D’une part, parce que, contrairement aux personnes isolées, « les familles à la rue sont des demandeurs d’asile ». D’autre part, parce que l’on observe une augmentation des arrivées sur le territoire rennais sans que le nombre de places s’accroisse. « Le dispositif national est saturé et l’Ille-et-Vilaine n’est pas épargnée », explique Bernard Hennequin, directeur de l’association Coallia en Ille-et-Vilaine, qui gère pour l’État les places en Cada(3). « On dénombre environ 21 400 places Cada en France pour 52 000 demandes par an. En Illeet- Vilaine, il existe 369 places Cada et 162 places supplémentaires en hébergement temporaire. Mais toutes sont occupées. Finalement, le temporaire dure et les primo-arrivants ne trouvent pas d’hébergement. »

En effet, les procédures de demandes d’asile sont très longues. « Elles peuvent durer plusieurs années. Pendant cette période d’instruction, les personnes sont légalement en France et l’État a l’obligation de leur donner les moyens de vivre dignement, notamment grâce à une place en Cada ou une petite aide financière (allocation temporaire d’attente, ndlr), explique Claudine Paillard. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du droit international et européen, depuis le texte fondateur de la convention de Genève en 1951 », précise Bernard Hennequin.

« L’écume de la vague »

Afrique (41%), Russie et pays de l’Est (23%), Asie du Sud-Est (26%)… les demandeurs d’asile présents à Rennes ont des origines diverses (4). Et Bernard Hennequin d’ajouter : « Tous ont en commun de partir dans la perspective d’un avenir meilleur, pour eux et pour leurs enfants. Mais ceux qui arrivent chez nous sont l’écume de la vague. De par le monde, la plupart des gens qui ont besoin de protection trouvent refuge dans des pays limitrophes au leur. Nous n’avons aucun demandeur d’asile de Syrie par exemple. Quitter son pays est toujours un déchirement. »

> MARI COURTAS

LE VŒU

Le 22 novembre 2012, le conseil communautaire de Rennes Métropole a émis un vœu à l’attention du ministre de l’Intérieur afin de renforcer les dispositifs d’hébergement d’urgence au niveau national.

(1) Coordination réseau urgence sociale.

(2) Sauvegarde de l’enfant à l’adulte en Ille-et-Vilaine.

(3) Centre d’accueil de demandeurs d’asile. Coallia est le nouveau nom de l’Aftam (Association pour l’accueil et la formation des travailleurs migrants).

(4) Chiffres Ville de Rennes, mai 2011.

L’avis

GEORGES COMPOINT

PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DE MÉDIATION DALO 35*

« La commission de médiation Dalo peut être saisie par toute personne ayant besoin d’un logement de façon pérenne. La loi Dalo ne s’applique pas aux demandeurs d’asile. Ils ne peuvent entrer dans le dispositif qu’une fois qu’ils ont obtenu un titre de séjour. Depuis treize mois, la commission de médiation ne s’est pas réunie. En effet, les commissions de logement de Rennes Métropole et des arrondissements répondent aux demandes avant qu’elles remontent jusqu’à nous. »

* Droit au logement opposable pour le département d’Ille-et-Vilaine.



36 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 12 - AVRIL/MAI 2013