CULTURES
Impossible à caser
>BD Il est souriant et se trouve trop bavard. Dans les bandes dessinées, il aime les gags, mais pas les bulles aux phrases qui s’éternisent. Récemment couronné du prix Jeune talents du festival de BD malouin Quai des bulles, Martin Robic, Bruzois de 15 ans, esquisse des planches de cases bariolées depuis qu’il est petit. « Je voulais tout le temps acheter de nouvelles BD. Comme je n’avais pas assez d’argent, j’en dessinais et je les lisais : je riais à mes gags et c’était économique. »
Le lycéen, en seconde option Arts plastiques au lycée de Bréquigny, à Rennes, trouve toujours les BD trop chères et les semaines de cours trop longues. Mais c’est un persévérant né. Des bonhommes bâtons de son enfance à la colorisation par ordinateur et à l’aquarelle, qu’il essaie maintenant de maîtriser, Martin travaille beaucoup pour s’améliorer. « Je m’inspire d’auteurs que j’aime : Boulet, le duo Bill et Gobi. Quand quelque chose m’épate, je m’entraîne jusqu’à y arriver. J’ai fait pareil pour le jonglage. »
Un avenir d’auteur tout tracé ? Martin, aussi inventif que vif, n’est pas du genre à rentrer dans une case. « Je me suis mis à la guitare, j’ai un roman en attente d’être publié et j’adorerais devenir acteur », énumère celui qui aimerait aussi dessiner pour des journaux. « Ou bien directeur artistique : je rêve de concevoir un jeu vidéo. » Il ne peut pas se prononcer, il n’a pas encore « tout essayé ». Et traînasser, comme tous les ados, a-t-il essayé ? « Mais oui, je glande ! », rit-il. Ah bon, mais quand ?
> AUDREY GUILER
Dessin, écriture, musique,… Martin veut « tout essayer »
conserv’acteur du patrimoine
>culture bretonne Créé en 1972, Dastum n’est pas un rassemblement de latinistes nostalgiques. Le terme signifie « recueillir » ou « rassembler », en breton, et l’association oeuvre pour « le collectage, la sauvegarde et la diffusion » du patrimoine oral et musical de la Bretagne historique. Chansons, musiques, partitions, contes, légendes, récits, témoignages, photos…, plus de 90 000 documents en breton et en gallo ont été précieusement archivés. Des trésors à foison, loués des chercheurs et des férus de culture bretonne, mais méconnus du grand public, malgré l’édition de CD’s, de livres, et le développement d’une quarantaine de points de consultation en Bretagne (école de musique, médiathèques, centres culturels…).
« Nous voulons faire entendre et restituer la mémoire de Bretagne aux Bretons, explique Charles Quimbert, directeur de Dastum. Toucher un public qui n’aurait pas l’idée d’aller sur le site ou de venir nous voir. » Ronan Guéblez, président de l’association, renchérit : « Plus on consulte, plus on est sidéré par cette richesse. Il serait dommage qu’il n’y ait pas plus de gens à en faire l’usage. » D’où la volonté de Dastum de médiatiser son anniversaire en organisant 40 événements tout au long de 2012 : concerts, découvertes de fonds sonores, conférences… Ces célébrations se concluront en décembre par les 2e Rencontres du patrimoine culturel immatériel. Depuis 2008, Dastum oeuvre en effet, notamment, pour que le fest-noz soit reconnu à ce titre par l’Unesco.
> ÉRIC PRÉVERT
16, rue de la Santé, Rennes.
Albert Poulain, précurseur des collectes enregistrées.
Gwendoline Démont chanson ethnique
PETITS RATS DES CHANTS
> Musique Pour la première année, le service culturel de l’université de Rennes 2 organise un événement musical consacré à la chanson française. Avant d’être Dominique A et Miossec, la chanson française c’était Brassens, Brel et Ferré. Ce genre n’a finalement jamais perdu ses fidèles et en conquiert même du plus en plus quand il s’aventure sur les territoires du rap ou du slam. La chanson française s’est ouverte et adaptée aux cultures, aux générations, mais sans perdre sa recette principale : un texte bien ficelé dans la langue de Molière. Et c’est cette particularité que l’université de Rennes 2 cherche à promouvoir. À travers le laboratoire musical « Les fous chantants », le service culturel de Rennes 2 souhaite dénicher de nouveaux talents cachés dans l’enceinte de la faculté. Initié en septembre dernier, ce tremplin est destiné aux artistes musicaux tous genres confondus. La règle ? Les textes doivent impérativement être écrits en français. Le 12 avril, trois artistes se produiront sur la scène du Tambour face à un jury professionnel composé de programmateurs, d’artistes et autres directeurs de centres culturels. Ainsi, les lauréats Léo Bailleul (folk), Kronik (slam, hip-hop) et Gwendoline Démont (chanson ethnique) enfileront leur blouse et passeront leur oral dans un cadre tout ce qu’il y a de plus pro.
> IRVIN TOLEMER
Jeudi 12 avril, au Tambour, 02 99 14 11 41, www.univ-rennes2.fr
52 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 7 - AVRIL 2012
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