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DOSSIER

L’eau : une ressource à préserver

L’INTERVIEW EN TROIS TEMPS

« L’OBJECTIF EST UN SERVICE DE QUALITÉ AU MEILLEUR PRIX »

Comment se passe la distribution d’eau à Rennes ?

Un délégataire privé, Veolia, exploite le réseau et distribue l’eau aux Rennais. Fixé en 2005, le prix de l’eau (eau potable et assainissement) est relativement faible par rapport à d’autres villes. Veolia avait tablé sur une augmentation de la consommation de 2 à 3 % par an. Or, on a assisté à une baisse de 1 % par an, ce qui fait qu’aujourd’hui, Veolia est déficitaire. Le délégataire assume le risque qu’il a pris. Nous sommes justement face à un paradoxe grandissant qui veut que le délégataire soit payé au m3 consommé, alors que la Ville souhaite maîtriser les consommations pour économiser la ressource.

Vous n’écartez donc pas l’hypothèse d’une remunicipalisation ?

Quand le choix a été fait en 2004, c’était avant tout une question de compétences. Nous ne voulions pas faire peser sur l’usager le risque d’une augmentation du prix de l’eau. Des coûts supplémentaires pouvaient être générés par une régie municipale. Aujourd’hui, le curseur est du côté du privé. La question est de savoir où on va le placer d’ici deux ans, à l’échéance du contrat. Si l’on ne fait pas le choix d’une régie municipale, on peut faire le choix d’une société publique locale qui a l’avantage évident de permettre une mutualisation de la gestion à l’échelle intercommunale. Avec deux actionnaires au minimum qui pourraient être Rennes et le SMPBR.

Quand la ville prendra-t-elle sa décision ?

Fin 2012 ou début 2013, afin de garantir la continuité de service public. La décision sera prise sans idéologie, en fonction notamment de l’intérêt de l’usager rennais. L’objectif est un service de qualité au meilleur prix. Les solutions sont là. Il faut maintenant envisager comment, économiquement, pourrait fonctionner une société publique locale ou une régie municipale. Le choix est important, symbolique. On ne fait pas vivre une ville sans l’eau du robinet.

> JÉRÔME MÉAR

MARCHERVÉ

CONSEILLER MUNICIPA L DE RENES , DÉLÉGUÉ À L’EAU ET À L’ASSAINISSEMENT

CHIFFRES

3 à 5 €

>Le prix d’1 m3 d’eau (part eau potable et assainissement) dans l’agglomération varie de 3 à plus de 5€ (sur la base d’une facture de 120 m3).

Quelques exemples au 1er janvier 2011 :

Rennes.................................................3 €

Cesson-Sévigné ......3,30 €

Saint-Jacquesde-la Lande ..................3,30 €

Chantepie .........................4,20 €

Betton ....................................4,40 €

La Chapelledes- Fougeretz ........4,40 €

Saint-Grégoire ...... 4,40 €

Le Rheu* ............................4,50 €

Vern-sur-Seiche ....5,80 €

* (passera à 4,10 €/m3 au 1er juillet 2012 avec le nouveau contrat de délégation.)

QU’EN EST-IL DES BESOINS?

>En 2010, les Rennais ont consommé 9,84 millions de m3 d’eau sur les 17,37 consommés sur le territoire du SMPBR. À Rennes, la consommation a tendance à stagner, voire à diminuer, depuis quelques années. La capitale bretonne n’a gagné que 400 habitants depuis 1999 ; en second lieu, le programme d’économies d’eau de la ville de Rennes a commencé à porter ses fruits. Les Rennais sont plus parcimonieux. Cependant, les besoins vont continuer à croître sur l’ensemble des 37 communes du SMPBR. Principale raison : le gain de nouveaux habitants. D’ici à 2020, il est ainsi prévu une augmentation de consommation de 3,9 millions de m3 d’eau, par rapport à 2010. Selon David Clausse du SMPBR : « on aura de l’eau en quantité suffisante dans les années à venir pour faire face à tous les scénarios possibles de sécheresse. Une eau du robinet qui a complètement perdu le goût de chlore qu’elle présentait parfois. » On traite et chlore l’eau à cause des matières organiques polluantes. « Le chlore sent dès qu’il mobilise de la matière polluante », précise Camille Gillard, de la MCE (Maison de la consommation et de l’environnement).

> JÉRÔME MÉAR

CHIFFRE À L’APPUI

17,5 %
>C’est la réduction moyenne de la facture (120 m3) obtenue par la commune du Rheu en renégociant la délégation de service public pour la gestion du service de distribution d’eau potable, début 2012. Le nouveau concessionnaire, le groupe SAUR, a accepté de voir sa rémunération sur la part eau potable diminuer de - 26,6 %.



32 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 7 - AVRIL 2012