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DOSSIER

L’eau : une ressource à préserver

Au chevet de la Seiche

>pollution C’est l’une des rivières les plus dégradées d’Ille-et-Vilaine. Au sud de l’agglo, habitants et pouvoirs publics se mobilisent.

La Seiche, qui prend sa source en Mayenne, unit dans son lit huit communes de l’agglo, de Nouvoitou à Bruz, où elle se jette dans la Vilaine, en passant par Vern-sur-Seiche, Saint-Erblon ou encore Chartres-de-Bretagne. Partout, la rivière se distingue par un niveau inquiétant de pollution. Qu’il s’agisse de nitrates, de pesticides, de phosphore ou de matières organiques, tous les indicateurs voient rouge, en particulier en période hivernale et de fortes pluies. Les relevés effectués fin 2010 par l’association Solidarité eaux Seiche (SOS) sur des puits de Nouvoitou le confirment. « Deux tiers des échantillons analysés dépassaient le seuil réglementaire de 50 mg de nitrates par litre. Jusqu’à 116 mg dans mon propre puits ! », certifie Daniel Gestain, l’un de ses administrateurs. L’agriculture intensive, la forte urbanisation du secteur, l’activité industrielle et les failles du système d’assainissement sont en cause. Parce que la Seiche n’est pas exploitée à des fins d’alimentation en eau potable, la surveillance a toujours été plus lâche qu’ailleurs. Parce que son cours naturel s’est trouvé corrigé et ralenti par des ouvrages nombreux (moulins, barrages…), la rivière s’asphyxie et s’envase, fragilisant les ressources en poisson et les écosystèmes.

Mobilisation citoyenne

Du côté de Nouvoitou, c’est le projet d’extension d’une porcherie en lisière de Seiche qui a allumé la colère des riverains, jugeant suicidaire le plan d’épandage proposé le long du cours d’eau. Malgré les pétitions, la conversion des élus et l’avis défavorable de l’enquête publique, le préfet a donné son accord. Un recours administratif est à l’étude. Oubliées les nuisances olfactives, c’est désormais la santé de la rivière qui inquiète. La situation est telle que l’Union européenne a accordé une dérogation pour repousser l’objectif de bon état écologique des eaux du bassin versant de la Seiche de 2015 à 2027. En aval, la mobilisation citoyenne met la pression sur le jeune syndicat intercommunal du bassin versant de la Seiche, conscient du retard à rattraper mais dont les moyens sont limités. Un premier programme d’actions a été validé pour restaurer la physionomie du milieu aquatique, en particulier sa continuité écologique. « Avec des enrochements pour diversifier les écoulements, l’aménagement d’ouvrages qui ont perdu leur utilité, la création de passes à poissons, la plantation de végétaux sur les berges, la lutte contre les plantes invasives… », énumère Guillaume Deray, animateur du syndicat avec Sandrine Garnier. Un deuxième bouquet d’actions suivra pour restaurer la qualité des eaux, basé notamment sur la sensibilisation des communes et des agriculteurs au désherbage, au travail du sol sans produits phytosanitaires. Les riverains de la Seiche aimeraient que le chantier avance plus vite. « Les études, la concertation et la négociation financière prennent du temps », regrette Sandrine Garnier. Mais la Seiche se mouille enfin pour garder la tête hors de l’eau.

> OLIVIER BROVELLI

solidarite-eaux-seiche.fr. Syndicat du bassin versant de la Seiche (Châteaugiron) 09 51 92 50 90

Les membres de solidarité eaux Seiche (SOS) se battent pour que la rivière recouvre une eau non polluée.

Guillaume Deray et Sandrine Garnier, du syndicat intercommunal du bassin versant de la Seiche, sont conscients « du retard à rattraper ».



N° 7 - AVRIL 2012 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE 21