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Gaël Le Cerf, exploitant à Landujan, s’est engagé à réduire les produits phytosanitaires et les engrais.

les eaux. Ce n’est pas anodin. Les communes doivent s’affranchir de ces produits-là, être irréprochables pour montrer le bon exemple », explique Daniel Helle. Trois communes de Rennes Métropole, Vezin-le-Coquet, Gévezé et Saint-Sulpice-la-Forêt, ont été primées en janvier 2012 pour leurs plans de désherbage « Zéro phyto », engagés sous l’impulsion de Rennes Métropole. « Cela fait deux ans que nous n’utilisons plus de produits phytosanitaires dans l’entretien de nos espaces publics. Le cimetière est entièrement désherbé à la main. Le terrain de foot est traité avec un engrais naturel à base de guano », commente Joël Ristori, adjoint à l’urbanisme à Saint-Sulpice-la-Forêt.

Moins de désherbants au jardin

La charte « Jardiner au naturel, ça coule de source » participe de cet esprit (1). L’un des objectifs est de former les vendeurs des jardineries adhérentes pour qu’ils incitent les consommateurs à acheter des produits sans pesticides. « En sept ans, nous avons vu une baisse significative de la vente de désherbants sur le bassin rennais, car les clients ont été mieux conseillés », se réjouit Daniel Helle. Autant d’exemples locaux qui contribuent à stabiliser et même à faire reculer la pollution des eaux du bassin rennais. Daniel Helle regrette cependant « un manque de cohérence de la politique agricole nationale et communautaire ». Un seul chiffre : les agriculteurs bretons reçoivent 600 millions d’euros de subventions annuelles de la PAC, des aides au prorata des surfaces cultivées, dont le maïs, générateur de pollution. Dans le même temps, les programmes de protection des ressources en eau de la région Bretagne se chiffrent à 14 millions d’euros par an. « C’est un levier limité par rapport à la force de la PAC », estime Daniel Helle.

Un enjeu universel

Les mesures locales, environnementales et sociales, sont les maillons d’une chaîne bien plus vaste que le Pacte d’Istanbul, résultat majeur du Forum mondial de l’eau de 2009, a mis en lumière. Il s’agit, pour les signataires, de construire une vision partagée et universelle de la gestion de l’eau, pour l’accès à l’eau potable dans les pays en voie de développement. « Être exemplaire au niveau de notre métropole ne suffit pas. Les enjeux de l’eau dans ces pays sont multiples, sanitaires mais aussi sociaux », affirme Daniel Helle. Vingt-cinq collectivités bretonnes, dont la Ville de Rennes et le SMPBR, ont signé le pacte en janvier 2012. En 2011, le SMPBR a ainsi soutenu cinq projets d’associations du bassin rennais (pour 17 370 €), dont celui de l’association Vern-Tiers-Monde pour la réalisation d’un château d’eau dans une école d’Ambalavao, à Madagascar.

> JÉRÔME MÉAR

(1) Initiée en 2005 par le SMPBR, la Maison de la consommation et de l’environnement et Rennes Métropole.

Vincent Morel n’utilise plus de produits phytosanitaires, mais désherbe à la main.

La charte « Jardiner au naturel, ça coule de source » a commencé à essaimer en France. La Franche-Comté et la Vendée sont aujourd’hui intéressées par l’expérience bretonne.

À SAVOIR

>Le Pacte d’Istanbul appelle à faire de l’accès à l’eau et à l’assainissement une priorité des politiques nationales et internationales. Il invite ses signataires à s’engager dans des actions concrètes. Pour une collectivité, cela concerne aussi bien la politique qu’elle mène sur son propre territoire de compétence que des projets de coopération.

En janvier dernier, les collectivités bretonnes ont signé le pacte d’Istanbul.



N° 7 - AVRIL 2012 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE 19