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Toutes les semaines, aux étangs d’Apigné, le service Santé environnement surveille la qualité de l’eau. Le problème, surtout en cas de chaleur: les microalgues.

moins de 50 mg/l aujourd’hui. Sur la rivière Le Couesnon (nord-est de Rennes), si on note une tendance à la réduction, le risque de dépasser la limite réglementaire (50 mg/l) n’est pas écarté.

Algues bleues sur les étangs

S’agissant des pesticides, la situation s’est améliorée depuis 2004, date de l’interdiction de l’utilisation de l’atrazine (désherbant du maïs). Cependant, c’est une substance que l’on retrouve dans les eaux issues du Couesnon, du barrage de Rophemel (sur la Rance) et du Meu. « Les concentrations mesurées dans les eaux brutes restent supérieures à la limite de qualité de l’eau distribuée, ce qui nécessite un traitement spécifique », pointe Daniel Helle.

Le bassin rennais est confronté à une autre pollution : les cyanobactéries, des microalgues dont la présence est due à l’excès de phosphore provenant de l’érosion des sols, mais aussi des rejets des assainissements. De teinte bleu-vert, elles se développent à la surface des rivières et des bassins et produisent des toxines dangereuses pour la santé. En septembre 2010, des teneurs importantes ont été enregistrées sur la retenue de Rophemel. Pourtant, aucune trace de toxine n’a été relevée sur l’eau traitée par l’usine. La raison ? « On prélève l’eau en profondeur et les algues se trouvent plutôt en surface. La filière, conçue pour traiter les pesticides, permet également de traiter ce type de toxines », explique Daniel Helle.

Les cyanobactéries sont notamment présentes aux étangs d’Apigné. La qualité chimique et bactériologique de l’eau y est bonne, mais à certains moments de l’année, en général durant les chaleurs de la saison estivale, on voit proliférer ces microalgues, qui finissent par disparaître d’elles-mêmes. Pendant

À SAVOIR

>Entre 1970 et la fin des années 1990, la pollution moyenne des rivières de Bretagne par les nitrates a été multipliée par 7. Après une phase de décroissance, elle semble se stabiliser autour d’une moyenne régionale de 40 mg/l. Cette moyenne cache en réalité de grandes disparités, avec de fortes concentrations dans certaines baies, comme la baie de Saint-Brieuc (plus de 50 mg/l). Depuis 1975, en Europe, le taux de nitrates dans les eaux de surface destinées à la consommation humaine est limité à 50 mg/l.

VA-T-ON MANQUER D’EAU?

>« On va beaucoup parler de sécheresse en 2012 en Bretagne », prédit David Clausse, directeur-adjoint du SMPBR. « Il n’a pas plu suffisamment cet hiver pour reconstituer les nappes, alors que 2010 et 2011 étaient déjà déficitaires. » Le barrage de la Chèze (sur la photo), n’a pas pu se remplir naturellement cet hiver. « Nous avons décidé de pomper de l’eau dans le Meu dès le mois de février afin de stocker suffisamment d’eau pour l’été. » Cette année, il va aussi falloir assumer l’arrêt de l’aqueduc de la Minette durant six mois pour cause de travaux et sécuriser les collectivités extérieures au SMPBR qui vont manquer d’eau. Quant au barrage de Rophemel, principale ressource du bassin rennais : « Quelques pluies suffisent à le remplir très rapidement. » Ce qui a été le cas en février. « La force de notre bassin est dans la diversité et dans la complémentarité de ses ressources en eau. Avec la restructuration des usines, nous pourrons faire face dans les années à venir à tous les scénarios possibles de sécheresse » rassure le responsable du SMPBR.

(voir la carte des captages p 30 et le point sur les chantiers p 26)



N° 7 - AVRIL 2012 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE 15