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CULTURES

Du neuf sur le vieux

> Les trésors de trouvailles de l’expo Soyons Fouilles, les truelles qui entrent au couvent des Jacobins pour l’un des plus vastes chantiers jamais initiés à Rennes... Les pierres contre-attaquent. l’occasion d’ausculter notre souterraine métropole sous toutes les cultures.

fouillée, ingénieuse, dynamique, pleine d’humour... Les qualificatifs ne manquent pas pour définir Soyons fouilles, exposition pensée conjointement par le Musée de Bretagne et le Service régional d’archéologie. Au visiteur désormais de (se) creuser la cervelle !

Même quand elle remonte aux temps immémoriaux, momifiée tel un pharaon dans son sarcophage, l’histoire ne cesse de s’écrire, nous dévoilant sous les couches de poussière un passé plus vivant que jamais. Commissaire adjoint de Soyons fouilles avec la conservatrice Françoise Berretrot, Yves Ménez ne peut qu’abonder dans ce sens : « L’archéologie est aujourd’hui beaucoup plus développée qu’il y a vingt ans. Chaque année, 8 000 hectares sont fouillés en Bretagne, soient entre 40 et 45 chantiers. » La conséquence, notamment, d’une loi de 2011 imposant un diagnostic systématique pour tout projet de construction de plus de 3 ha. Malgré son intitulé un peu barge, l’exposition développe donc le très raisonnable propos de nous dévoiler les avancées récentes en la matière, avec l’habitat en fil conducteur.

Archéo... logis

Séquencé en dix espaces chronologiques, le voyage dans le temps invite ainsi à soulever le couvercle du passé en même temps que le toit des maisons, afin d’espionner dans leur quotidien nos ancêtres gaulois, romains et bretons d’un autre temps. Mais, plutôt que de nous laisser aller à une leçon de préhistoire, soulignons les trésors de trouvailles imaginés pour rendre le très lointain plus proche de nous : ces mallettes de microlithes, par exemple, sorte de boîtes à outils d’une autre époque nous montrant la panoplie complète de l’artisan chasseur du mésolithique ; l’omniprésence de la vidéo, aussi, pour augmenter la réalité d’hier et la restituer avec un maximum d’authenticité...

Le visiteur frappera à la bonne adresse pour assister au passage des maisons villages (l’ensemble des familles vivent sous le même toit) aux fermes individuelles. « Nous sommes au néolithique. Les fermes cessent de se déplacer en fonction de l’épuisement des terres ; l’agriculture bretonne se développe. » Mais voici l’âge du fer et l’apparition des clés, signe que la notion de propriété privée se fait jour. Les bustes de notables se dressent, les pièces de monnaie commencent à sonner et trébucher, les éperons de bronze nous en disent long sur le statut des chevaliers. Bien sûr, l’Antiquité voit fleurir les villas et les graffitis sur les murs, comme celui-ci, pas piqué des vers mais des verres : Bibis cerveza gratis « Ici, la bière est gratuite ».

« Au-delà de l’anecdote humoristique, cela signifie que le peuple parlait aussi le latin », sourit Yves Ménez. Et si on profitait du quart d’heure felix horae (happy hour) pour se siroter une petite mousse ?

> JEAN-BAPTISTE GANDON

Jusqu’au 29 avril, musée de Bretagne, Champs Libres. 3 et 4 €
02 23 40 66 00
www.musee-bretagne.fr



46 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 6 - FÉVRIER 2012