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EXPRESSION POLITIQUE - MINORITÉ

PIERE BRETEAU

SAINTGRÉGOIRE

BENOÎT CARON

RENNES

WILLIAM CHAUOU

RENNES

BRUNO CHAVANAT

RENNES

AGNÈS DANSET

PACÉ

YVONNICK DAVID

CHANTEPIE

JEAN-YVES GUYOT

SAINT-GRÉGOIRE

PAUL KERDRAON

PACÉ

GRÉGOIRE LE BLOND

CHANTEPIE

MICHÈLE PAYENTOULOUSE

RENNES

Agir face à la crise : l’esprit de responsabilité plutôt que l’outrance

La crise ne nous épargne pas. Les difficultés sont inégales selon les secteurs. Elles sont en moyenne moins lourdes que dans d’autres régions. Mais les symptômes sont pourtant bien là : baisse de l’emploi industriel à PSA, augmentation du nombre des personnes en situation de précarité, pour ne prendre que deux exemples clairement perceptibles. À la clé, un double sentiment. Sentiment d’impuissance face aux dérèglements financiers et à la concurrence des pays à bas coûts de production. Sentiment d’injustice pour ceux qui se trouvent pris dans la nasse d’un licenciement collectif, de difficultés financières ou d’un chômage qui n’en finit pas.

Agir face à la crise, c’est combattre l’impuissance et l’injustice. Mais on ne peut pas agir n’importe comment ni dire n’importe quoi. Or, on a l’impression désagréable que les élus en charge de la ville de Rennes et de la Métropole soufflent le chaud et le froid selon les circonstances et les publics.

Comment ne pas s’indigner, par exemple, du choix délibéré d’instrumentaliser les difficultés que vivent certains en mettant en scène — sous couvert d’une scénographie esthétiquement et techniquement remarquable — une présentation caricaturale et politicienne à souhait de la crise ? On a vu ainsi tourner en boucle pendant toutes les fêtes de Noël sur le fronton de la mairie de Rennes la vision de la crise que Daniel Delaveau a voulu faire partager à des spectateurs rennais et métropolitains pour le moins partagés : Sarko et sa famille au tribunal de l’histoire avant que les pétales de rose du PS ne viennent nous sortir du cauchemar de la crise. À qui s’adresse le message et dans quel but ?

Agir face à la crise, c’est avoir une attitude à peu près inverse à ce que suggère ce message. Le même Daniel Delaveau devait d’ailleurs en avoir conscience en délivrant le 5 janvier au Liberté, lors des voeux de Rennes Métropole, un message à 180 degrés du spectacle de la mairie. Mais devant tant de contradictions, qui croire ?

Notre conviction, quant à elle, reste la même. Agir contre la crise, c’est affronter les réalités sans outrance, avec détermination et le souci de rassembler. C’est panser nos plaies par un effort de solidarité accru mais aussi songer à rebondir.

Or, nous avons des atouts et des leviers d’action. Citons-en trois qui sont complémentaires par leur effet sur l’emploi et leur effet dans le temps :

• Les dépenses de relance et les investissements publics. Ils ont joué un rôle d’amortissement décisif des effets immédiats de la crise (qu’auraient été les difficultés de la filière automobile sans le plan de soutien gouvernemental de janvier 2009 ?). Les investissements publics de nos collectivités jouent aussi cette fonction, qui est importante, même si elle ne peut pas se substituer à long terme à l’investissement productif notamment industriel.

• La formation au service de l’emploi. Que les formules générales ne nous dispensent pas d’agir concrètement. Ainsi, la « formation tout au long de la vie ». Très belle idée à condition qu’elle débouche sur l’emploi. Près de 2 500 entreprises artisanales ferment leurs portes chaque année en Bretagne faute de repreneurs : il y a urgence à concentrer des efforts de formation pour éviter les pertes d’emplois qui en résultent.

• Une stratégie de développement économique qui valorise davantage la place de Rennes en Bretagne. Agir face à la crise, c’est aussi voir loin et large. Pour cela, nous avons un outil majeur à construire : le projet de développement d’un nouveau centre économique breton autour du quartier de la gare à Rennes. EuroRennes doit devenir EuroBreizh. Bien plus qu’un quartier commercial de centre-ville, c’est un centre de décision, d’innovation et d’échanges à l’échelle de la Bretagne, qu’il faut imaginer avec tous les bretons.

Pour agir collectivement face à la crise, nous espérons et voulons croire que le dérapage du message de Noël était une erreur. Il est d’ailleurs dommage qu’aucun élu ne se soit exprimé publiquement pour le reconnaître. Car il est tellement plus utile de nous rassembler sur les chantiers nombreux qui permettront de conserver à la fois le dynamisme de Rennes Métropole et l’emploi de chacun.

> LES ÉLUS DE LA MINORITÉ

> Pour nous joindre, vous pouvez contacter Bénédicte Cazalets au 02 99 86 60 46 ou b.cazalets@agglo-rennesmetropole.fr



N° 6 - FÉVRIER 2012 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE 45