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EXPRESSION POLITIQUE - MAJORITÉ

L’État a abandonné toute ambition pour le logement

Erratique, insuffisante, injuste et au final dangereuse : depuis cinq ans, la politique du logement et de l’habitat menée par l’Etat aura été un véritable maelström, sans queue ni tête. De la réduction drastique des crédits dévolus au logement aux nouvelles taxes qui plombent le budget des organismes HLM, le gouvernement n’a réussi qu’une chose : marquer l’abandon de cette politique publique essentielle par l’État.

Comment mener une politique de l’habitat ambitieuse quand les aides d’État pour l’accession sociale ou la construction de logements sociaux fondent comme neige au soleil année après année ? En dix ans, le poids du financement du logement social par l’État a été divisé par deux, quand celui des collectivités locales a été multiplié par cinq !

Comment mener une politique du logement pour tous, quand l’État prélève désormais auprès des bailleurs sociaux trois fois la somme des crédits qu’il alloue à ces mêmes bailleurs ? Cette politique nous mène droit dans le mur, contraignant les organismes HLM à un choix cornélien : réduire la qualité des prestations et des services rendus aux locataires, revoir à la baisse les programmes de rénovation et de construction de logement, ou augmenter les loyers des locataires. Faire financer le logement social par les locataires sociaux eux-mêmes n’est pas une réponse politique à la crise que vivent nos concitoyens. C’est pourtant la voie délibérément choisie par le gouvernement.

Pour répondre à la crise du logement, il y a urgence à construire et à rénover le parc existant.

Depuis près de dix ans, bailleurs sociaux, organismes collecteurs du 1 % logement et collectivités locales ont été amenés à combler les carences progressives d’un État qui prélève désormais davantage de fonds sur les bailleurs sociaux qu’il n’en reverse pour financer les politiques du logement !

Notre communauté d’agglomération mène depuis de nombreuses années, à travers son programme local de l’habitat, une politique ambitieuse et volontariste, pour permettre à chacun, quels que soient ses revenus, de se loger dans notre agglomération. Malgré les investissements et les crédits que nous affectons chaque année au logement et à l’habitat (40 millions d’euros, sur un budget total de 500 millions), nous ne pourrons continuer à le faire seuls.

Face aux besoins à satisfaire pour répondre à la crise du logement et au défaut de solvabilité d’un nombre croissant de ménages, il y a urgence à construire et à rénover le parc existant. Nous avons besoin pour cela, à la fois du retour des moyens d’un État régulateur et ambitieux, mais aussi de l’avènement d’une nouvelle phase de décentralisation permettant aux intercommunalités de mobiliser les moyens d’en assurer en propre la compétence.

> LES ÉLUS DE LA MAJORITÉ



44 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 6 - FÉVRIER 2012