Emrenn, une Scop dans la tempête
> énergies Les systèmes alternatifs, à Emrenn, ils connaissent. L’entreprise de Vern-sur-Seiche est non seulement une Scop, mais elle a l’autre particularité d’oeuvrer dans le secteur des énergies renouvelables.
« Nous sommes une entreprise autonome dont les actionnaires sont les acteurs de l’entreprise », explique Éric Lemeux, gérant de Emrenn. « Si au sein des PME ils se mettaient en Scop, les salariés seraient plus intéressés par leur société », affirme cet ancien syndicaliste.
Concrètement, les salariés d’une Scop détiennent au moins 51 % du capital de l’entreprise. « Ici, à Emrenn, sur les 9 salariés, 5 sont associés », explique Éric Lemeux. « Pour le partage des bénéfices, 10 % vont aux associés, 45 % sont réinvestis dans l’entreprise, et les 45 % restants vont aux salariés. En 2009, ça faisait 6 000 € par salarié », dévoile le gérant.
Pour les salaires, Éric Lemeux joue également la transparence : « Chacun ici gagne entre 1350 et 1600 € nets. Sauf le commercial qui touche 4 000 €. Et moi, en tant que gérant, qui suis payé 3 000 € ». Contrairement aux idées reçues, il y a donc dans les ScopS une hiérarchie des salaires.
salaires. Il y a aussi une hiérarchie dans l’organigramme de l’entreprise, et ce, bien que chaque salarié associé dispose chacun d’une seule voix lors de l’assemblée générale (peu importe son nombre de parts). « La hiérarchie c’est obligatoire, c’est inhérent à l’humain », analyse Éric Lemeux avec une certaine amertume.
Mais une Scop dispose d’après lui de bien plus d’avantages que d’inconvénients, notamment sur le plan fiscal : « En 2009 on aurait du payer beaucoup plus d’impôts si on avait été une SARL. »
Ces particularités n’ont pas empêché Emrenn de subir la crise économique de plein fouet. La nette diminution du crédit d’impôt sur les panneaux photovoltaïques survenue en décembre 2010 a été une catastrophe pour l’entreprise. « Nous avons perdu une bonne partie de notre carnet de commande. En quelques semaines, nous sommes passés de 24 à 9 salariés », raconte le gérant.
Ce qui a sauvé Emrenn, ce sont les chaudières et poêles à granulés de bois, dont les ventes se portent bien. L’autre bouée de sauvetage, c’est la subvention de la Région versée aux entreprises du secteur photovoltaïque : Emrenn a touché 40 000 € du Conseil régional.
La Scop gérée par Éric Lemeux parvient donc tant bien que mal à traverser la crise. « Mais il reste un statut d’entreprise à inventer pour le XXIe siècle », espère-t-il.
> N. R.
« Ici, on partage vraiment les bénéfices », explique Éric Lemeux.
RICHARD VOLANTE
SALAIRES 3 000 € Le gérant est payé 3 000 €.
chez Emrenn, chacun est rénuméré entre 1 350 et 1 600€.
QUI
LES 9 SALARIÉs D’EMRENN SONT SPÉCIALISÉS DANS LES ÉNERGIES RENOUVELABLES.
OÙ
À VERN-SUR-SEICHE ET SUR WWW.EMRENN.COM
QUOI
UN STATUT COOPÉRATIF ORIGINAL MAIS IMPARFAIT FACE À LA CRISE.
La baisse du crédit d’impôts sur les panneaux photovoltaïques, une catastrophe pour les entreprises.
N° 6 - FÉVRIER 2012 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE 33
Page précédente


