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DOSSIER

Crise : l’agglo face à la tempête

Les Cigales, l’épargne solidaire de proximité

> investissements Être actionnaire sans investir dans une multinationale, c’est possible. Les membres des Cigales soutiennent de toutes petites sociétés, exclusivement locales.

« Ce que nous faisons, c’est l’inverse de la spéculation en bourse », explique Jean- François Michon, président de l’association des Cigales de Bretagne. « Les Cigales sont des clubs d’investisseurs qui soutiennent la création d’entreprises localement. On privilégie l’investissement de proximité plutôt que le lointain, la pérennité économique plutôt que l’appât du gain financier, le bénéfice plutôt que la plus-value », poursuit cet ancien chef d’entreprise.

En pratique, chaque club est constitué de 5 à 20 investisseurs qui épargnent régulièrement de petites sommes. « Au départ, certains n’apportent que 15 € », précise Jean-François Michon. Ensemble, ces investisseurs achètent une part d’une entreprise, mais participent aussi à la gestion démocratique de cette société : ici, une personne vaut une voix, quel que soit le montant de son apport.

Concrètement, ces actionnaires d’un autre genre se retrouvent plusieurs fois par an avec les créateurs de l’entreprise pour décider ensemble de l’avenir de la structure. « L’idée, c’est aussi de faire du lien social entre les gens », souligne Jean-François Michon.

L’objectif premier reste pourtant de soutenir des projets viables. « Il ne s’agit pas de faire un don à des créateurs d’entreprises qui vont droit à l’échec, tout le monde y perdrait », insiste-t-il.

Ainsi, les Cigales rennaises ont soutenu NBNS, une société qui développe des logiciels permettant aux collectivités locales de mieux gérer les terrains destinés aux gens du voyage. Bénéficiaire, cette entreprise devrait permettre à ses investisseurs d’empocher une petite plus-value. « Parfois, les projets que je soutiens me font perdre de l’argent ; parfois, d’autres projets m’en font gagner. La solidarité, ça va dans les deux sens », conclue Jean-François Michon.

> N. R

« On est le circuit court de la finance », clame le président de l’association des Cigales de Bretagne.

RICHARD VOLANTE

« Parfois je perds de l’argent, parfois j’en gagne. La solidarité, ça va dans les deux sens. »

À l’épicerie sociale, en toute discrétion

>Le local est discret. Les visiteurs qui poussent la porte de l’épicerie sociale y sont accueillis par deux bénévoles prévenants. Là, chaque vendredi après-midi, ils peuvent prendre un café, un thé et des gâteaux, en attendant que le précédent client de l’épicerie termine ses achats dans la pièce à côté. Ici, discrétion oblige, les bénéficiaires passent en effet un par un dans la pièce qui contient les produits alimentaires. Une deuxième porte est même proposée à ceux qui souhaiteraient sortir de l’épicerie sociale sans se faire remarquer. « Une fois, une femme a voulu du scotch pour cacher les produits qui dépassaient de son sac à dos », se souvient un bénévole. « Il n’y a pourtant pas de honte à avoir. Être en difficulté financière, ça peut nous arriver à tous », ajoute un autre.

À Acigné, une soixantaine de personnes répondent aux critères qui leur permettraient de pousser la porte de l’épicerie sociale. Mais certains n’ont semble-t-il pas encore osé venir. « Pourtant ici, on les juge pas », dit une bénévole. « En fait, c’est un échange », conclut-elle en montrant les dessins donnés par les enfants qui ont reçu cette aide alimentaire.

Les bénéficiaires de l’épicerie sociale peuvent y acheter des produits de première nécessité pour des prix équivalents à 10 % de ceux pratiqués dans le commerce.

RICHARD VOLANTE



32 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 6 - FÉVRIER 2012