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DIDIER NOUYOU

MAIRE DE BOURGBARRÉ, CONSEILLER COMMUNAUTAIRE À L’ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE

L’INTERVIEW EN TROIS TEMPS

« RETROUVER DES VALEURS HUMAINES »

Comment Rennes Métropole participe-t-elle à l’économie sociale et solidaire ?

Rennes Métropole apporte des subventions. Elle soutient essentiellement les acteurs de l’ESS dans la formation, l’insertion et le développement économique. Ce sont presque exclusivement des associations, mais elles évoluent dans beaucoup de domaines. Par exemple, dans la récupération d’équipement électrique, comme Envie 35. On soutient également les associations qui aident les gens à monter leur entreprise.

À quoi sert l’économie sociale et solidaire ?

L’ESS a notamment un rôle d’innovation. Les services à la personne ont d’abord été développés par des associations. Aujourd’hui, sur ce créneau, on retrouve des entreprises privées. La récupération des déchets électriques et électroniques a aussi été expérimentée en premier par des associations.

L’économie sociale et solidaire peut-elle inspirer l’ensemble du système ?

C’est un modèle. Il y a quelque chose à creuser de ce côté-là, pour retrouver des valeurs humaines. C’est ce qui manque dans le monde du travail. L’ensemble du système économique sera bien obligé de s’en inspirer. Avant, on n’oubliait pas que les salariés sont des hommes et des femmes. C’est ce que nous rappelle l’ESS.

Une entreprise pour devenir entrepreneur

> gestion Plus qu’une Scop, Élan Bâtisseur est en fait une coopérative d’activités et d’emploi. Derrière ce statut se cache une entreprise qui accompagne les professionnels dans leur projet de création d’entreprise.

Yvon Quillévéré termine sa conversation téléphonique. Au bout du fil, un professionnel du bâtiment écoute ses conseils avant de repartir sur son chantier. « Il avait besoin d’un avis pour la gestion de son activité », explique le gérant d’Élan Bâtisseur.

Deux pilotes dans l’avion

Cette Scop de 24 salariés joue en fait un rôle d’accompagnateur auprès de professionnels du bâtiment qui souhaitent créer leur activité. Concrètement, la société propose aux futurs chefs d’entreprise de devenir d’abord salariés pendant quelques années, avant de voler de leurs propres ailes.

Grâce à ce statut, chacun d’entre eux va pouvoir se libérer des questions administratives, fiscales, ou comptables. « On donne aussi des conseils quotidiens sur les décisions à prendre, c’est comme s’il y avait deux pilotes dans l’avion », analyse Yvon Quillévéré.

Tester son projet d’entreprise

Côté salaire, la rémunération est évolutive. Celle-ci va en fait dépendre de la capacité du salarié à trouver des clients. « Elle peut aller de 400 à 2 000 € », précise le cogérant. L’idée, bien entendu, est qu’elle augmente avec le temps. De son côté, Élan Bâtisseur prélève 12 % sur chaque contrat pour ses frais de fonctionnement.

Au bout de deux ou trois ans, chaque salarié peut poursuivre seul son aventure en devenant cette fois-ci réellement le dirigeant de sa société. Il peut aussi devenir salarié associé de la Scop, ou tout simplement retourner à une autre activité salariée. « Ce système permet avant tout de tester son projet d’entreprise », résume Yvon Quillévéré.

> N. R.

« Beaucoup de ceux qui se lancent comme entrepreneurs s’imaginent que seule leur technique suffit et sous-estiment les aspects finance et gestion », analyse Yvon Quillévéré.

GUILAUMEPRIE.COM



N° 6 - FÉVRIER 2012 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE 31