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DOSSIER

Crise : l’agglo face à la tempête

> économie sociale et solidaire Ce sont des Scop, des mutuelles, et pour la plupart, des associations. Elles constituent ce que les initiés appellent l’ESS, un modèle économique différent qui s’appuie sur d’autres priorités et d’autres valeurs. Comment traversent-elles la crise ?

« L’homme n’est pas une variable d’ajustement »

Utilité sociale du projet, gestion démocratique et humaine, et partage des bénéfices, voilà quelques-uns des grands principes qui définissent l’économie sociale et solidaire. En France, le secteur rassemble 1,8 million de salariés et représente 10 % des emplois. En Bretagne, le chiffre monte à 13,5 %, soit plus de 40 000 salariés.

La Région intègre depuis longtemps cette économie différente : « La coopération est un marqueur historique de la Région. C’est pour cette raison que beaucoup de services de solidarité sont ici pris en charge par des associations », explique Anne-Claire Devoge, directrice de la fédération des MJC Bretagne et trésorière de la Conférence permanente des coordinations associatives (CPCA). S’ils sont vraisemblablement plus proches de l’humain que les entreprises du secteur privé, les acteurs de l’ESS n’en subissent pas moins la crise. « Ce pan de l’économie a mieux résisté au début. D’une part, parce que les financements publics qui les alimentent n’ont pas répercuté tout de suite les conséquences financières de la crise. D’autre part, parce que les dirigeants de ce secteur considèrent que l’homme n’est pas une variable d’ajustement. On a donc moins licencié que dans le privé », analyse Christian Oger, directeur de la Chambre régionale de l’économie sociale.

La crise a pourtant fini par rattraper l’ESS : « Fin 2009, on a commencé à observer de véritables vagues de licenciements », raconte Anne- Claire Devoge. Concrètement, avec moins de subventions, moins d’emplois, et donc moins de moyens, ce sont les services de nombreuses associations qui sont revus à la baisse. « Par exemple, il y a des centres de loisirs qui sont maintenant obligés de raccourcir leurs horaires d’ouverture. D’autres centres limitent désormais le nombre d’enfants accueillis », déplore la trésorière de la CPCA.

Pour résister à cette crise, les acteurs de l’ESS ont déjà fait d’importants efforts de gestion, et leur actuelle marge de manoeuvre semble désormais très faible. Certains bénévoles d’associations refusent pourtant cette situation et se mobilisent pour défendre les services et les emplois menacés.

Si l’ESS a elle aussi perdu des plumes dans la crise, les difficultés économiques lui ont offert une médiatisation sans précédent. « Elle nous montre que nous devons changer le paradigme économique, elle nous apprend ce que doit être le mouvement de la société », conclue Christian Oger.

> NICOLAS ROUHAUD

« L’économie sociale et solidaire nous montre que nous devons changer le paradigme économique. »

QU’EST-CE QU’UNE SCOP ?

> Scop est l’acronyme de Société coopérative et participative. C’est une entreprise, qui, comme toutes les autres, a l’obligation d’être rentable pour pouvoir survivre. Sa grande originalité vient du fait que ses salariés en sont les propriétaires. Ils en détiennent au moins 51 %. Si tous les salariés n’ont pas le statut d’associé apporté par la détention de parts de l’entreprise, tous reçoivent une partie des bénéfices. Chaque coopérateur dispose d’une voix à l’assemblée générale, quel que soit le pourcentage de l’entreprise qu’il détient.



30 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 6 - FÉVRIER 2012