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DOSSIER

Crise : l’agglo face à la tempête

La grande débrouille

> système D Comment continuer à vivre, à consommer mais avec moins d’argent ? Une équation qui parait difficile mais qui a pourtant ses réponses : le système D. Entre nécessité et art de vivre…

Comment voyager sans grever son budget ? Une seule réponse : le covoiturage, désormais rentré dans les moeurs. Pour Noël, on aura compté près de 450 000 déplacements sous cette forme. Un record. Lancé dans les années 2000, il est devenu le concurrent direct du train et de l’avion ! On réduit ainsi les frais par deux, voire par trois, en ne payant que l’essence et les péages. Valérie Kerrauffret, rennaise, a l’habitude de voyager ainsi : « Financièrement, c’est très intéressant et puis, pour mon dernier voyage pour aller à la montagne, je n’étais pas seule dans ma voiture. Cela peut dépanner des jeunes, leur rendre service. En plus, c’est sympa, il y a une bonne ambiance, car c’est aussi un état d’esprit. » Pour se rendre au travail, le covoiturage s’est aussi fortement développé alors que la voiture en libre-service n’en est qu’à ses débuts. Un changement de mentalité s’instaure : le mythe de la voiture, symbole de l’individualisme, s’effondre.

Les rois de la récup’

Manger moins cher, c’est possible. Si, dans un supermarché, il n’est pas possible de discuter les prix, le marché traditionnel est un lieu plus ouvert. À l’heure de la fermeture, les promotions rivalisent et les affaires sont légions : poissons, légumes, fruits… Au marché des Lices, c’est un peu plus tard que débarquent les premiers « glaneurs » à la recherche d’invendus : étudiants, bénéficiaires du RSA, personnes âgées… Erwan vient ainsi faire le plein de légumes pour la semaine : « C’est aussi avant tout un choix par rapport au gâchis phénoménal. Pour moi, c’est un acte politique ! Je pourrais aller au Resto du Coeur, mais je préfère venir là ! »

Julien, lui, a choisi une autre voie, donnant un coup de main à certains vendeurs pour remballer en échange d’un cageot plein : « C’est une alternative à la manche. Je préfère faire comme ça plutôt que de glaner. » À Lille, une association se charge de récupérer tous les invendus et les propose sous une tente à tous ceux qui le souhaitent avec ce slogan : « Donner, c’est mieux que jeter ! »



26 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 6 - FÉVRIER 2012