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« L’investissement dans la formation et la recherché créera les emplois de demain »

aller à l’école. S’il y a une vie culturelle, universitaire. Si elle va trouver une main-d’oeuvre qualifiée, d’où l’intérêt de la formation. C’est tout cela qui importe : la qualité de vie, au sens large. Sans oublier, bien sûr, la base : l’accueil physique. Qui aménage, qui prévoit les terrains pour de nouvelles entreprises ? C’est la responsabilité de la collectivité. Cela veut dire que l’on a anticipé les réserves foncières.

Quels sont les piliers de l’économie rennaise ?

Ils sont au moins quatre. On vient de parler de l’automobile. Il y a ensuite le numérique, fondamental aujourd’hui. C’est une filière qui innerve tous les secteurs : l’électronique, l’informatique, le numérique sont présents dans chaque domaine. L’agroalimentaire est également un pilier fort. Nous sommes en effet au coeur du plus gros bassin alimentaire d’Europe. Enfin, il y a le secteur du bâtiment et des travaux publics. On pourrait également parler d’un domaine transversal : les services, qui représentent tout de même 75 % des emplois. Et je ne voudrais pas oublier non plus les activités commerciales et touristiques. C’est très important en Bretagne.

La crise perdure. Et on annonce une année 2012 difficile. Comment l’envisagez-vous ?

Les élus locaux sont les premiers pour mesurer les impacts de la crise. On voit effectivement l’augmentation des situations de précarité, y compris pour les travailleurs. Si la collectivité n’était pas présente, pour assurer un grand nombre de prestations sociales, on serait dans une situation encore plus difficile. La collectivité locale est le dernier rempart de la cohésion sociale. Ceci dit, ma conviction, c’est qu’il doit y avoir une articulation entre les politiques locales et nationales.

C’est-à-dire…

Il n’y a pas de fatalisme à la crise. La crise, ce n’est pas quelque chose d’extérieur, dont personne ne serait responsable, que l’on serait condamné à subir. Elle est le produit d’orientations politiques qu’il faut changer. Concrètement, je pense qu’il y a des choix politiques nationaux différents qui peuvent être faits et qui permettraient de redresser la situation économique et sociale du pays. La politique fiscale est par exemple un outil puissant pour lutter contre les inégalités sociales. Aujourd’hui, on constate que les écarts se sont renforcés. Est-ce vraiment la faute de la crise… Non, pas uniquement. C’est la faute de choix qui ont été faits de privilégier certaines catégories. Et de choix économiques qui n’ont pas été bons.

Quels sont, selon vous, les atouts et les faiblesses du territoire ?

L’atout, c’est la jeunesse et la dynamique démographique. Et donc, l’éducation et la formation qui sont pour nous une priorité. Je rappelle que l’agglomération compte 60 000 étudiants. Quant aux faiblesses – et j’y vois donc un axe de travail – nous devons renforcer la diversification économique du territoire. Notamment, notre capacité à exporter. Les PME ne sont pas suffisamment armées pour se lancer sur les marchés internationaux. C’est compliqué pour beaucoup d’entre elles. Nous devons les aider à diversifier leurs donneurs d’ordre, leurs clients. Cela fait partie de l’accompagnement à la reconversion dont je parlais précédemment.

Comment vont les finances de l’agglomération ?

La situation financière est saine. Notre capacité d’investissement et d’autofinancement est importante, et notre endettement est faible. Cela est en partie dû à une politique de maîtrise rigoureuse des dépenses de fonctionnement. De plus, malgré la crise, nous sommes dans une agglomération qui est dans une dynamique de croissance.

La crise n’a pas de conséquences sur les investissements ?

Évidemment, nous devons nous adapter à une conjoncture difficile. Mais sans remise en cause de nos objectifs. Nos priorités demeurent : la ligne b du métro, la politique de l’habitat, l’enseignement supérieur et la recherche. Peut-être allons-nous devoir étaler certains chantiers dans le temps… Mais des projets s’étalent déjà sur de longues périodes, comme EuroRennes. Donc, ça se fera.

« Il n’y a pas de fatalisme à la crise (...) Elle est le produit d’orientations politiques qu’il faut changer. »

Comment voyez-vous l’agglomération rennaise dans 30, 50 ans ?

Rennes a tout les atouts pour être le modèle de la ville du xxie siècle. Une ville durable, qui conjugue toutes les prérogatives d’une grande métropole avec la qualité de vie.

Vous parlez d’une ville ?

Quand je dis « la ville de demain », je parle de l’archipel urbain, d’un bassin de vie qui sera à une échelle plus vaste que la métropole d’aujourd’hui. Qu’elle fasse 500, 600 ou 700 000 habitants, ce n’est pas le problème ! L’idée, c’est qu’à quelques minutes de chez soi, on puisse respirer dans un parc, trouver des commerces, des écoles, se déplacer facilement… Nous serons dans une agglomération multipolaire, avec plusieurs centralités. Nous appartiendrons à une grande communauté, mais chacun gardera sa propre identité. Tout cela fonctionnera très bien !

(propos recueillis par Isabelle Audigé)

À VOIR

Retrouvez l’interview de Daniel Delaveau sur l’impact de la crise sur www.rennesmetropole.fr



N° 6 - FÉVRIER 2012 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE 19