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DOSSIER

Crise : l’agglo face à la tempête

(suite de la p. 15)

l’an dernier. Idem chez l’entreprise Envivio (Chantepie) qui a vu ses effectifs gonfler de + 26 % avec l’embauche de 18 nouveaux salariés, en majorité des ingénieurs informaticiens. Spécialisée dans la fourniture de solutions vidéo pour les grands opérateurs de télécommunication, la société surfe sur la révolution de la télévision numérique, déclinée sur terminaux mobiles. « Nous misons sur l’innovation et la plus grande ouverture possible à l’international, complète Gilles Guilgué, son vice-président. Notre petite taille nous rend aussi très réactifs. » Depuis 2008, la progression du chiffre d’affaires d’Envivio se fait à deux chiffres. Et l’an prochain ? « Les élections présidentielles et la conjoncture internationale auront un impact défavorable. Mais nous recruterons sans doute une dizaine de personnes quand même. »

L’action publique en renfort

En parallèle, la part élevée des fonctions d’encadrement et de l’emploi public – 25 % de l’emploi salarié – dans l’agglomération permet traditionnellement d’amortir un peu la dégradation de l’activité. Il faut y ajouter l’action volontaire de Rennes Métropole en faveur de l’emploi, notamment au service de la diversification du tissu industriel local. C’est le sens du Plan véhicule vert Bretagne dont les expérimentations doivent faire de l’agglomération un territoire pilote de la mobilité décarbonée et des usages du véhicule électrique. C’est aussi l’intérêt de la commande publique pour le bâtiment. « Les gros chantiers du PLH, d’Eurorennes, du Centre de congrès et de la seconde ligne de métro vont apporter une bouffée d’oxygène au secteur du BTP », espère François Rouault, à Rennes Métropole. À condition que les finances des collectivités locales ne souffrent pas trop non plus.

> OLIVIER BROVELI

(1) Source : DIRECCTE 35 - catégories A, B et C.

(2) Inscrits depuis plus de trois ans.

(3) Conseil de développement économique et social du pays et de l’agglomération rennaise.

(4) Source : INSEE - décembre 2011.

l’ expert

FRANÇOIS ROUAULT

DIRECTEUR DU SERVICE ÉCONOMIE À RENNES METROPOLE

« Les chantiers du PLH, d’Eurorennes, du Centre de congrès et de la seconde ligne de métro devraient apporter une bouffée d’oxygène au secteur du BTP. »

> pme Quel avenir pour les petites et moyennes entreprises alors que la crise joue les prolongations ? Et si les éco-activités étaient une réponse ?

L’économie verte donne une bouffée d’air

Actuellement, les petites et moyennes entreprises n’ont que peu de visibilité et, depuis septembre, les entrepreneurs sont redevenus pessimistes. Il est vrai que les crédits sont difficiles à obtenir, que le coût de l’énergie plombe les comptes, et que celui-ci ne devrait pas revenir à des niveaux plus raisonnables. Alors, dans cette morosité ambiante, vers où se tourner ? « Les éco-enjeux ! » étaient au coeur d’un colloque qui s’est tenu à la Chambre de commerce et d’industrie de Rennes en décembre dernier.

L’économie verte englobe l’environnement, le développement durable sur des secteurs aussi divers que le bio emballage, la voiture électrique, le stockage de CO2… C’est aussi l’association de deux éléments qui ne sont pas antinomiques : l’environnement et la croissance. Cette dernière serait une des solutions durables pour sortir de la crise économique et pour en finir avec l’endettement de l’État. « Les activités qui ont trait à l’environnement touchent tous les éléments de la croissance : la consommation, l’investissement, la dépense publique et le commerce extérieur », a commenté Gilles Le Blanc, économiste. Les PME, avec leur adaptabilité, leur réactivité, sont bien placées pour jouer un rôle essentiel dans ce domaine.

Au cours de la conférence, quelques exemples ont été mis en avant : ainsi la société Marcojea, producteur de barquettes alimentaires en matière recyclable qui rencontre un vrai succès, ou l’entreprise Ok Wind qui propose des éoliennes pour les particuliers, les sociétés et les administrations. Autre grande réussite bretonne :celle des Paniers de la Mer, une association qui récupère dans les criées le poisson non vendu et qui auparavant était jeté. « Aujourd’hui, ces poissons sont conditionnés, surgelés, avec une exigence de traçabilité. On les distribue dans toute la France pour le Secours populaire, les épiceries sociales, les Restos du coeur », explique Hélène Rochet, directrice de l’association, qui est aussi une structure d’insertion. On le voit, l’innovation et les éco-activités sont des opportunités pour lutter contre la crise. Alors, l’avenir sera-t-il vert ?

> DIDIER TESTE

DU CÔTÉ DE L’INTÉRIM

> ” Il n’y a pas de crise dans l’intérim », affirme Arnaud Fillon, directeur de district chez R andstad et membre de la cellule de veille conjoncturelle pour le pays de R ennes. « C’est vrai, en Ille-et-Vilaine et à Rennes Métropole, certains secteurs de l’emploi connaissent d’importants ralentissements », reconnaît-il tout de même. Si les missions intérim dans le secteur tertiaire sont en diminution, ce sont surtout la filière automobile et le BTP qui font beaucoup moins appel à l’intérim depuis quelques mois. « Moi, depuis un an, je ne fais que des missions dans la manutention. Je viens seulement de trouver un chantier de quelques semaines dans la charpente-bois », confirme F lorent, intérimaire de 22 ans. Même constat ou presque pour Ali. Grutier de formation, ce Poitevin de 37 ans croyait être dans un secteur porteur. « Il y a 3 ans, les médias disaient qu’on manquait de grutiers, alors j’ai fait une formation. Aujourd’hui, pour trouver du boulot, j’ai dû m’inscrire dans des agences d’intérim à Rennes, Poitiers, Parthenay, Lyon et Marseille, partout où des amis peuvent m’héberger le temps d’une mission. Il n’y a que comme ça que je trouve du travail. Je préférerais vraiment avoir un emploi stable », témoigne-t-il. Pour 2012, le manque de visibilité n’autorise pas les professionnels de l’intérim à se prononcer. « C’est mou, il n’y a pas encore de tendance affirmée », déplore Arnaud F illon.

> NICOLAS ROUHAUD



16 RENNES MÉTROPOLE MAGAZINE N° 6 - FÉVRIER 2012