supplément grand pavois au marin du 29 aout 2008 - (Page 22) 22 les cha ntier s nau tiques sous g ra nd pavoi s 1 ligne de T - fixe Courses : CDK Technologies termine le plus grand trimaran du monde Dans un grand hangar à Lorient la société Keroman Technologies terminait, fin juin, l’assemblage du plus grand trimaran de course du monde, le « Banque Populaire V ». Long de 40 mètres, le Banque Populaire V, devait être mis à l’eau fin août. Pour la construction de ce bateau en carbone – le plus grand au monde dans sa catégorie –, le sponsor de Pascal Bidégorry a choisi le chantier CDK Technologies de Port-la-Forêt. Mais pour répondre à cette commande,sesresponsablesont dû créer une nouvelle structure à Lorient, ne disposant pas de bâtiments suffisamment grands dans le Finistère. « Nous avons soustraité les coques et les flotteurs chez JMV à Cherbourg et nous avons construit les bras de liaison de 24 mètres, explique Jean-Yves Cariou, directeur industriel de l’entreprise. Nous avons réalisé l’assemblage et la finition du trimaran à Lorient. » Créé en 1983, le chantier n’en est pas à son coup d’essai. Suivant de près les nouvelles techniques de production, il a déjà fourni un grand nombre de monocoques et multicoques de compétition. En 1997, il s’est orienté vers la fabrication de coques en carbone en pré-imprégné sous vide et non plus en voie humide. L’entreprise a investi dans une étuve de 30 mètres, pour cuire les coques et les grandes pièces à 130 °C, puis dans un autoclave de 12 mètres. « Les tissus de carbone pré-imprégnés sont drapés dans les moules après avoir été sortis des congélateurs et débarrassés de leurs enveloppes protectrices, indique Jean-Yves Cariou. Ils sont ensuite compactés pour faire la chasse aux microbulles d’air, puis cuits sous vide. La température doit monter progressivement (la résine devient liquide à 80 °C). La cuisson dure de 12 à 24 heures. Cette technique, qui vient de l’aéronautique, permet de maîtriser la quantité de résine et donc le poids de la pièce ainsi réalisée. » Yves Gaubert Le cockpit du trimaran « Banque Populaire V » a été entièrement aménagé dans les ateliers de Keroman Technologies à Lorient. La fabrication des grandes pièces, comme les coques ou les bras de liaison, se fait en plusieurs étapes : pose et cuisson de la peau extérieure, collage du sandwich (nid-d’abeilles ou PVC), pose et cuisson de la peau intérieure. Ces premières cuissons ne sont pas abouties, elles sont suivies d’une cuisson définitive qui assure la cohérence de toute la structure. Les bateaux construits avec ces matériaux sont légers et très rigides. Aujourd’hui, tous les 60 pieds open et les multicoques de la classe Orma sont réalisés de cette manière. CDKetKeromanTechnologies emploient 40 personnes dont 32 permanents et jusqu’à 45 à 50 quand le plan de charge l’exige. Le chiffre d’affaires en 2007 a été de 3,35 millions d’euros. Yves GAUBERT Port-la-Forêt, pépinière de coureurs PHILEAS BOATS : LE SPÉCIALISTE DES DÉRIVEURS hileas Boats a été créé en 1993 par Bruno Hervouet. Ce chantier est spécialisé dans la construction de dériveurs et de quillards de sport. Installé d’abord à Fouras, le chantier a déménagé sur la zone industrielle des Sœurs à Rochefort il y a 3 ans. Il y dispose de plus de 1 200 m². En mai 2008, Bruno Hervouet a quitté l’entreprise pour travailler sur d’autres projets et Philippe Giraud a pris la direction. La gamme proposée est très complète avec six dériveurs (Optimist, Pipas, Déclic, Phileas, Velic et Ludic) et deux quillards, l’Open 5.00 et l’Open 5.70. Les bateaux sont construits en stratifié de polyester sur moule au contact. Ce matériau permet de faire baisser le prix de 20 % et l’entretien est réduit au minimum. L’Optimist est également proposé en polyéthylène rotomoulé. « Nos bateaux sont beaucoup demandés par les écoles de voiles, indique Catherine Briand, de Phileas. Ce sont des embarcations simples, destinées à rendre la voile accessible. Mais, elles sont aussi utilisées en compétition. Nos Open 5.70 étaient à La Rochelle début juillet pour participer au championnat de France glisse espoir. » P François Gabart, sur le voilier « Espoir région Bretagne », a participé sa première Solitaire du Figaro. Finistère course au large, c’est le nom du pôle France voile de Port- la-Forêt. Cette association, dirigée par Christian Le Pape, assure l’entraînement des coureurs qui préparent la course en solitaire du Figaro, le Vendée Globe ou et d’autres courses océaniques. Une vingtaine de Figaristes ont leur bateau amarré dans le port. Des voiliers qui représentent un budget de 150 000 euros en moyenne. « Quand, nous avons commencé, nous avions 60 coureurs, nous en préparons 153 aujourd’hui, explique Christian Le Pape. Nous organisons des formations régulières avec une vingtaine d’intervenants. Elles abordent le management et la gestion de projets, le droit des contrats, mais aussi la navigation, la stratégie météo, la sécurité, etc. Nous mettons en place des entraînements avec un rétro planning pour que les coureurs soient prêts pour le départ des épreuves. » Des investissements portuaires importants ont été consentis pour accueillir les coureurs. Le bassin a été agrandi et réaménagé pour 4,1 millions d’euros. Il offre désormais 10 places supplémentaires, accessibles aux 60 pieds open dont le tirant d’eau atteint les 4,50 mètres. Onze participants au prochain Vendée Globe (en novembre) se préparent actuellement à Port-la-Forêt. C’est là aussi que s’est entraîné dernièrement François Gabart, sélectionné pour skipper l’Espoir région Bretagne, lors de la dernière Solitaire du Figaro. Y. G. Phileas emploie 25 personnes. La production est commercialisée à travers un réseau de revendeurs, 18 en France et dans de nombreux pays d’Europe (Espagne, Italie, Suisse, pays scandinaves) et du monde. 40 % du chiffre est réalisé à l’export. L’entreprise réalise aussi des travaux en sous-traitance pour Hobie Cat. Un petit dériveur grand public en polyéthylène est actuellement en préparation et le prototype devrait être présenté au Salon nautique de Paris en décembre. Y. G. Y. G. Y. G. Pascal Dreumont, directeur de la production et des achats chez Phileas présente le pont d’un dériveur. Vendredi 29 août 2008
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